France
MPF : progression maintenue mais plus modérée
Si la progression du prix est désormais plus modérée, les séances de vente aux enchères du Marché du Porc Français mettent toujours en évidence le manque de porcs sur le territoire français et la forte mise en concurrence qu'il engendre entre les abattoirs. Dans un contexte européen difficile, marqué par une abondance de viande, les acheteurs font preuve d'une grande prudence, ce qui se traduit par des revalorisations limitées. Néanmoins, le prix moyen progresse au fil de la séance, illustrant la concurrence persistante entre les acheteurs pour sécuriser les volumes dont ils ont besoin.
Uniporc : une orientation baissière qui se maintient
La semaine dernière ne comptait que quatre jours d'activité en raison du 14 juillet. Si les volumes d'abattage sont comparables à 2025, les poids poursuivent leur chute, alors qu'à la même période l'an dernier ils amorçaient déjà leur remontée saisonnière. L'écart atteint désormais 1,6 kg entre les deux années, traduisant un recul significatif de l'offre de porcs en France. Cette année, la baisse saisonnière des disponibilités apparaît nettement plus marquée qu'à l'accoutumée.
Union européenne
En Allemagne, le marché semble progressivement retrouver un meilleur équilibre après les fortes baisses de prix. L’activité d’abattage a chuté à un niveau particulièrement faible, autour de 670 000 porcs, tandis que les poids poursuivent leur recul. Des excédents subsistent, mais la situation s’améliore lentement et le marché de la viande paraît avoir atteint un plancher. Dans ce contexte, une forme de stabilité est attendue pour les prochaines semaines.
En Espagne, la baisse des poids atteint une ampleur exceptionnelle, avec 850 grammes perdus la semaine dernière et près de 7 kg depuis la mi-mai. Cette forte contraction de l’offre limite encore la baisse du prix du porc, malgré un marché de la viande toujours très dégradé et des reculs de 5 à 10 centimes sur les pièces. La tendance baissière s’est poursuivie mais se limite toujours à 1 centime, en cohérence avec le manque d’offre locale.
En Belgique, après la forte baisse de prix de la semaine dernière, le marché belge s’est stabilisé. Les éleveurs ont largement anticipé le recul des cours en accélérant les sorties, avec une activité supérieure de 7 % en moyenne ces cinq dernières semaines. Les poids ont ainsi perdu plus de 3 kg en quatre semaines et atteignent leur plus bas niveau depuis 2023. Malgré cela, les marges restent très dégradées pour l’ensemble des opérateurs de la filière.

États-Unis et Chine
Le marché américain reste stable au comptant, tandis que la valorisation des découpes montre quelques signes d'amélioration, portée par le jambon et le flanc. Les abattages, réduits par le jour férié du 4 juillet, demeurent supérieurs à ceux de l'an dernier pour une semaine comparable. Les perspectives restent favorables, soutenues par un cheptel reproducteur stable et des exportations en hausse de 5 % depuis le début de l'année, notamment vers l'Asie.
En Chine, la récente remontée du prix du porc relance les interrogations sur un possible changement de cycle. Après une longue phase de réduction du cheptel reproducteur, les premiers effets sur les disponibilités pourraient apparaître. Les analyses restent toutefois prudentes, la consommation demeurant insuffisante pour créer une réelle tension sur le marché. L'attention se porte désormais sur le rythme de contraction de l'offre, un facteur déterminant pour les futurs besoins d'importation de la Chine.

