France
MPF : un prix toujours stable à 1,433 €
Au regard des stocks de porcs vifs accumulés à la suite d’un mois de mai déficitaire en jours d’activité, il était peu probable que le prix évolue la semaine dernière. Les deux séances de vente ont finalement confirmé un équilibre par défaut, dans l’attente d’un retour à la normale des départs d’animaux. L’amplitude des enchères reste très faible et la majorité d’entre elles se positionne à la moyenne de 1,433 €. La position des acheteurs demeure donc ferme et constante, tandis que les vendeurs attendent une meilleure fluidité des enlèvements avant d’envisager toute action visant à mettre le marché sous pression.
Uniporc : une activité perturbée
Contrairement aux précédentes semaines à quatre jours, la semaine dernière comptabilise moins de 300 000 porcs, un niveau inférieur à une activité normale. Si certains abattoirs avaient choisi de travailler le lundi, il faut également tenir compte des perturbations liées à la grève des services vétérinaires dans les abattoirs d’Ille-et- Vilaine. Malgré cela, les poids sont en recul, un phénomène probablement amplifié par les fortes chaleurs observées la semaine passée.
Union européenne
Après le week-end de Pentecôte, le marché allemand du porc présente des situations contrastées selon les régions, mais l’équilibre entre l’offre et la demande reste globalement satisfaisant. Des excédents d’offre et des poids plus élevés sont toutefois signalés dans le nord-ouest et l’est du pays, tandis que certains abattoirs ont réduit leurs achats en raison de problèmes techniques. Le prix directeur allemand est maintenu à 1,60 €/kg. Les températures estivales et les barbecues de Pentecôte ont soutenu la demande en viande porcine, entraînant des besoins de réapprovisionnement et quelques tensions sur certaines pièces comme les échines.
En Espagne, six mois après le retour de la PPA en Espagne, la situation sanitaire reste contenue aux populations de sangliers, sans aucun cas détecté dans les élevages porcins. Malgré 325 cas confirmés chez les sangliers, les mesures de lutte semblent efficaces et le prix du porc espagnol a presque retrouvé son niveau d’avant-crise. L’offre est toutefois restée abondante au premier trimestre, avec une hausse des abattages et de la production de viande, pesant sur les revenus des éleveurs et les marchés européens. Depuis quelques semaines, la baisse rapide des poids traduit un recul de l’offre de porcs disponible, accentué par la diminution des mises en place de porcelets et bientôt par les effets des fortes chaleurs. Cette contraction de l’offre soutient progressivement les prix, mais la demande européenne demeure atone et les hausses restent limitées. Pour l’été 2026, le marché pourrait bénéficier d’une offre plus restreinte dans l’UE et d’une forte activité touristique, même si les perspectives restent incertaines dans un contexte de consommation prudente.

États-Unis et Chine
Le marché américain demeure remarquablement stable. Depuis plusieurs semaines, les prix évoluent dans une fourchette étroite, tandis que la valeur des découpes ne progresse que légèrement. La hausse de prix des côtes et de l’épaule compense le recul du flanc. Les abattages restent inférieurs à ceux de l’an dernier, traduisant une offre un peu plus limitée. Par ailleurs, la forte inflation du prix du bœuf continue de soutenir la consommation de porc. Les perspectives restent globalement favorables à l’approche de la période estivale.
Le marché porcin chinois a évolué dans un contexte de stabilisation précaire. Les prix ont peu varié, soutenus par une offre légèrement mieux maîtrisée dans certaines régions, mais la demande demeure insuffisante pour enclencher une reprise durable. Les fortes chaleurs continuent de peser sur la consommation de viande et les abattoirs restent prudents dans leurs achats. Les analystes chinois soulignent également que les disponibilités restent importantes malgré les efforts de certains producteurs pour réguler les mises en marché. Plus largement, les autorités poursuivent leur stratégie de maîtrise des capacités de production afin de réduire les déséquilibres structurels observés depuis plusieurs mois.

