Le monde n’investit pas suffisamment dans la santé animale, alors même que les preuves s’accumulent montrant que le coût de l’inaction dépasse largement celui de la prévention. C’est ce que souligne le rapport annuel State of the World’s Animal Health, publié par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).
Le rapport indique que les maladies animales détruisent chaque année plus de 20 % de la production animale mondiale. Leurs effets sont particulièrement marqués dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où la santé animale joue un rôle essentiel pour préserver les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la résilience économique. Dans le même temps, les systèmes disposant de ressources limitées peinent à détecter précocement les maladies et à y répondre efficacement, tout en rencontrant des difficultés pour maintenir les normes de bien-être animal.

Les récentes réductions des budgets consacrés à l’aide internationale aggravent encore cette situation. En 2025, les financements destinés à la coopération internationale dans le domaine de la santé ont été ramenés à environ 39,1 milliards de dollars, dont moins de 2,5 % étaient consacrés à la santé animale. Dans ce contexte, les systèmes de santé animale – cette infrastructure commune qui protège contre les maladies émergentes d’origine naturelle, les disséminations accidentelles et les menaces biologiques intentionnelles – demeurent sous-financés, malgré leur rôle essentiel dans la gestion des risques transfrontaliers, notamment les maladies émergentes et les menaces biologiques.
Le rapport estime que porter les Services vétérinaires de tous les pays au niveau des normes internationales représenterait un coût d’environ 2,3 milliards de dollars par an, soit moins de 0,05 % des 3 600 milliards de dollars de pertes économiques attribuées à la COVID-19 en 2020. Cette maladie est probablement d’origine animale, même si son origine exacte et la voie de transmission à l’être humain n’ont pas encore été établies de manière définitive.
Près de 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l’être humain sont d’origine animale, ce qui fait des systèmes de santé animale la première ligne de défense contre les foyers épidémiques, y compris une éventuelle future pandémie. Pourtant, ces systèmes sont soumis à une pression croissante : 18 % des pays récemment évalués présentent une dégradation de leurs capacités vétérinaires et 22 % une diminution des capacités des professionnels vétérinaires auxiliaires.
D’après les évaluations réalisées par l’OMSA dans 54 pays et territoires, une augmentation moyenne de 52 % des budgets serait nécessaire pour couvrir le coût annuel réel de Services vétérinaires efficaces. L’outil Performance of Veterinary Services (PVS) de l’OMSA fournit aux pays une évaluation indépendante de leurs systèmes de santé animale ainsi qu’une feuille de route adaptée pour les renforcer. Point positif, à la suite des récentes évaluations PVS, plus de la moitié des pays participants ont indiqué avoir augmenté les ressources financières allouées à ces services.
Le rapport appelle les gouvernements à accroître le financement des systèmes de santé animale et à les intégrer dans des stratégies plus larges de santé, d’économie et de sécurité. Il invite également les partenaires du développement à orienter leurs financements vers la prévention à long terme plutôt que vers la gestion des crises, et les institutions financières ainsi que le secteur privé à considérer la santé animale comme un investissement à fort impact.
6 juillet 2026/ OMSA.
https://rr-americas.woah.org/



