Éviter la douleur lors de la castration: Rapport thématique sur les meilleures pratiques
Aperçu bibliographique succinct
L’analyse bibliographique du lot de travail 4 : La castration des porcelets mâles est une pratique traditionnelle dans l’élevage porcin européen, principalement pour prévenir l’odeur et le goût désagréables du verrat. Cette odeur et ce goût désagréables proviennent de l’accumulation de scatole et d’androsténone chez les mâles non castrés. Compte tenu des nombreuses préoccupations relatives au bien-être animal liées à la castration chirurgicale des porcs mâles, l’EFSA a recommandé deux alternatives principales : l’élevage de porcs mâles entiers ou l’immunovaccination pour supprimer la fonction testiculaire (EFSA, 2022). Cependant, la question de l’odeur de verrat et l’acceptation de l’immunovaccination par les consommateurs compliquent l’abandon de la castration chirurgicale. Certaines filières ont commencé à adopter ces alternatives, mais la castration chirurgicale reste courante dans la plupart des États membres. Néanmoins, des efforts ont été déployés dans ces pays et d'autres pour éviter la douleur lors de la castration, conformément aux recommandations de l'EFSA (EFSA, 2022). Ces efforts se traduisent par l'interdiction de la castration chirurgicale sans analgésie ni anesthésie, une mesure mise en œuvre dans plusieurs pays européens (Lin-Schilstra et Ingenbleek, 2021). Par ailleurs, des approches alternatives à la castration chirurgicale des porcs gagnent en popularité face aux préoccupations croissantes concernant le bien-être animal (De Briyne et al., 2016 ; EFSA, 2022). De l'utilisation de l'anesthésie à l'évitement total de la castration, les approches relatives à cette problématique sont très diverses. Ces stratégies variées illustrent comment les attitudes culturelles, les exigences du marché et les cadres réglementaires influencent la manière dont les pays abordent les conséquences de la castration des porcelets sur le bien-être animal (Mateos et al., 2024).
Défis
Le groupe de travail 4 (GT4) vise à minimiser la douleur liée à la castration. Les défis dans ce domaine concernent les conditions de mise en œuvre de la castration physique, de l'immunocastration ou de la production de mâles entiers. Il s'agit de garantir une qualité de viande conforme aux exigences des marchés et de définir précisément les enjeux liés à des alternatives viables, reproductibles à grande échelle et respectueuses du bien-être animal, appuyées par une formation technique, afin de répondre aux attentes des consommateurs.
- Défis liés à la pratique de la castration physique
- Comment organiser les travaux pratiques pour castrer efficacement (anesthésie locale ou générale) en fonction du système de mise bas (élevage en stalle ou en enclos libre ou production en plein air) ?
- Quelles sont les meilleures méthodes utilisées pour réduire le stress et la douleur associés aux injections et à la manipulation des porcelets lors de la castration en cas d'anesthésie locale ou générale (méthode de contention, délai avant la castration, délai d'accès à la mamelle après la castration) ?
- Comment réduire les coûts de castration en fonction des pratiques d'anesthésie (locale ou générale) ?
- Défis liés à la pratique de l'immunocastration
- Quels sont les coûts/bénéfices supplémentaires de l'immunocastration au niveau de l'élevage pour les porcs normaux (2 injections + temps) ou les porcs lourds (3 injections + temps) ou les races locales indigènes ?
- Quel protocole de castration immunologique pratique et efficace (calendrier clair pour 2 injections ou plus en fonction du poids d'abattage du porc), quelle organisation du travail, quelle est la difficulté, quel est l'équipement et la sécurité des opérateurs ?
- Comment réussir le marketing et l'acceptation par les consommateurs de l'immunocastration ?
- Quels sont les moyens d'obtenir des produits de qualité lors de l'utilisation de l'immunocastration (contrôles au niveau de l'élevage, détection des carcasses odorantes à l'abattoir) ?
- Défis liés à la production masculine entière
- Comment gérer l'ensemble du mâle pour réduire les chevauchements, l'agressivité et les effets, comme les troubles locomoteurs, le stress, … ?
- Quelles méthodes d'élevage de mâles entiers permettent de réduire les odeurs sans modifier le poids de la carcasse ?
- Comment adapter la qualité de la viande mâle entière aux exigences du marché de la viande fraîche et de l'industrie de transformation ?
Méthodologie de notation
Les bonnes pratiques recensées ont été évaluées individuellement par les experts membres du groupe thématique. Afin d'évaluer l'efficacité de chaque bonne pratique pour répondre au thème de la prévention de la douleur lors de la castration et aux difficultés connexes mentionnées dans la revue de la littérature, les experts ont attribué une note à chaque pratique en fonction de son excellence/qualité technique (en particulier : défis relevés, preuves scientifiques, efficacité, développement en cours, innovation), impact (notamment : avantages pour le secteur porcin, impact économique, échange de connaissances), et exploitation/probabilité de succès (en particulier : faisabilité, transférabilité, évolutivité, vitesse d'exploitation) en attribuant à chaque critère une note sur une échelle de 0 à 5 (0 = inéligible – 5 = excellent).
Processus de sélection et de discussion
Afin de sélectionner les 5 meilleures pratiques, les experts du groupe thématique ont rencontré le responsable du lot de travail après avoir évalué individuellement les bonnes pratiques pour discuter de la sélection des meilleures pratiques. Nous avons analysé 11 bonnes pratiques relatives à la « soulagement de la douleur lors de la castration », 5 bonnes pratiques relatives à la production masculine globale et 5 relatives à l'immunocastration. Pour ce faire, les scores moyens totaux cumulés et les classements finaux ont été présentés afin de donner aux experts du groupe thématique une vue d'ensemble des bonnes pratiques après la phase d'évaluation. Au cours de la réunion, les quatre premières bonnes pratiques ont été retenues en raison de leurs scores moyens les plus élevés : 3 concernant l'immunocastration et 1 concernant la castration. Il a été proposé de choisir une bonne pratique relative à la castration comme cinquième bonne pratique.
Voici donc le TOP 5 du premier tour du concours WELFARMERS, concernant les pratiques relatives à 2 défis majeurs du WP 4 :
- Immunocastration
- • Valoriser l’immunocastration des porcs de 144 kg engraissés sur litière depuis 2016 : un engagement éthique pour le secteur porcin
- Immunocastration dans les grands enclos de 350 à 450 porcs, mâles et femelles confondus. Comment réaliser une immunocastration dans un élevage avec de grands enclos ?
- • Rationalisation de la pratique de l'immunocastration : une solution efficace pour prévenir les comportements de chevauchement et garantir la qualité de la carcasse
- Réduire la douleur lors de la castration
- Anesthésie locale pour réduire la douleur lors de la castration
- Respect des porcelets castrés sous anesthésie locale
- Il a été suggéré que le prochain tour de sélection des bonnes pratiques (le deuxième) soit axé sur les bonnes pratiques concernant «Homme entier ».