Biosécurité par le zonage dans l’élevage porcin : Un enjeu crucial
Dans un contexte où les épidémies animales menacent les élevages à travers le monde, la biosécurité s’impose comme un levier essentiel pour protéger les exploitations agricoles. L'Afrique, où l’élevage porcin joue un rôle clé dans l’économie et la sécurité alimentaire, n’échappe pas à cette nécessité. Une gestion rigoureuse de la biosécurité par la création de différentes zones d’élevage peut faire toute la différence pour prévenir le risque d’introduction d’un agent pathogènes et des maladies. Décryptage d’une stratégie essentielle.
La sectorisation de l’élevage : Un rempart contre les contaminations
Pour y parvenir, une sectorisation rigoureuse est recommandée. L’élevage et ses abords doivent être divisés en 3 zones afin de limiter au maximum l’exposition des animaux aux différentes sources de contamination extérieure. Les limites de ces zones sont matérialisées par des murs des bâtiments, clôtures, haies entretenues régulièrement, chaînettes, fossés, talus, marquages au sol etc.

Les 3 zones à définir sont :
- Une zone dédiée aux visiteurs et au parking des véhicules située le plus loin possible des bâtiments d’élevage.
- La zone externe : Cette zone est réservée aux personnes et aux véhicules autorisés à circuler sur le site (livraison aliments, livraison cochettes, camion transport charcutier…,). Cependant, aucun porc et aucune personne en tenue d’élevage ne doivent y accéder. Les personnes en tenue d’élevage et les animaux ne doivent pas y circuler .
- La zone d’élevage : Il s’agit de l’enceinte où les porcs sont élevés.
- Seules les personnes en tenue spécifique sont autorisées à y pénétrer. Pour limiter la transmission des maladies, il est essentiel de porter des vêtements et des chaussures exclusivement dédiés à l’élevage. Ces équipements doivent rester dans cette zone et ne pas être utilisés à l’extérieur. Après une visite à l’abattoir, il est impératif de se changer intégralement et de désinfecter les chaussures avant de réintégrer l’exploitation. Enfin, toute entrée en zone élevage doit impérativement passer par un sas sanitaire.
- Les véhicules ne pénètrent pas dans cette zone. Si l’entrée des véhicules est nécessaire pour acheminer de la paille ou retirer du fumier, utilisez si possible un véhicule spécifique à l’atelier porc qui ne sert pas dans d’autres élevages ou pour les travaux des champs. Sinon, prévoir un nettoyage et une désinfection de l’extérieur des véhicules et chauler le passage emprunté par les véhicules.
- Les animaux domestiques ne sont pas autorisés dans cette zone.
- Les personnes ayant été dans un abattoir doivent si possible respecter un délai d’une nuit avant d’accéder à cette zone ou prendre une douche et respecter scrupuleusement les procédures de biosécurité (changement rigoureux de bottes et de vêtements). Toute personne accédant à la zone d’élevage, y compris les membres de la famille, accroît le risque de transmission de la PPA. Seules les personnes autorisées ou indispensables à la gestion des animaux sont admises dans cette zone.

Pour les petits élevages de petite taille et les backyards, il y a la possibilité d'avoir seulement 2 zones : une zone interne, là où sont les porcs et les personnes en tenue d'élevage et une zone externe.
- Il ne doit pas y avoir de passage de personnes en tenue d'élevage ou des porcs en dehors de la zone d'élevage et ;
- Il ne doit pas non plus y avoir de croisement entre eux les zones de passage des personnes en tenue d'élevage et des véhicules extérieurs.
La clôture de la zone d’élevage : le 1er élément de biosécurité
La clôture de la zone d’élevage est le premier rempart contre toute introduction (faune sauvage, personne, véhicule…). Son installation doit être prévue dès la création de l'élevage, car il s'agit d'un investissement essentiel. Pour choisir la protection la plus adaptée, plusieurs critères doivent être pris en compte : le coût d'installation, la durabilité et l'entretien.
Pour limiter ces risques, plusieurs mesures sont recommandées :
- Soit un mur plein de 1,3 m de haut
- Soit une double clôture, distantes de 25 cm, composée d’une :
- Clôture extérieure pour tout type de parcs empêchant toute intrusion de sanglier sauvage.
- Clôture intérieure pour tout type de parcs empêchant tout contact groin à groin.
- Des passages spécifiques pour les engins agricoles.

Conclusion
La biosécurité n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir la pérennité de l’élevage porcin en Afrique. La mise en place de zones d’élevage bien délimitées, d’un sas sanitaires efficaces et d’une clôture anti-intrusion est essentielle pour protéger les animaux et limiter l’introduction de maladies.
La maîtrise de la biosécurité en élevage porcin est essentielle pour assurer la santé des animaux, de bons résultats techniques et, donc financiers.
