P Candotti, S Rota Nodari. Centro di Referenza Nazionale per il Benessere Animale, IZSLER. Italia
17-Mar-2008 (il y a 18 ans 14 jours)
L'attention au bien-être du porc ne se limite pas à la phase d’élevage
des animaux, mais elle doit s'étendre aussi à la phase finale de
sa vie productive : le transport à l'abattoir et l’abattage. On sous-estime
souvent l'importance du bien-être dans ces deux phases. Au contraire, on
atteint souvent beaucoup de points critiques qui se traduisent en dommages significatifs,
spécialement dans la production de produits de charcuterie. Alors
que le manque de bien-être en élevage entraîne un stress de
type chronique, il est de type aigu pendant la phase de transport.
Rampe
de chargement mal positionnée.
La marche vers le camion est trop haute
Les problèmes les plus courants sont, sans doute, les traumatismes de degrés
variables au niveau des pattes. Les lésions les plus fréquentes
sont les hématomes sous-cutanés,
les fractures des articulations, de la tubérosité
ischiatique ou du col du fémur. Le taux des traumatismes peut osciller
entre 2 et 15%.
La cause de telles lésions sont les installations
inadaptées : les rampes et les plates-formes de charge (étroites,
glissantes ou avec des pentes excessives), les couloirs de l'élevage ou
de l'abattoir avec des saillies coupantes, des sols glissants.
La cause peut être aussi la conduite des opérations
: mélange de porcs de différentes origines entraînant des
luttes hiérarchiques entre les animaux ou surpopulation.
L'origine peut aussi être liée au comportement
de l’opérateur qui, par une conduite expéditive
ou trop nerveuse, peut amener les animaux à se déplacer de façon
agitée dans les couloirs et sur les rampes, en entraînant ainsi des
glissades. L'abus de stimulus électriques (« piles ») lors
des déplacements peut produire des dommages cutanés sous forme de
réseaux veineux superficiels. La visibilité excessive de la vascularisation
est aussi liée à la durée des opérations préalables
à l'abattage : plus le temps entre le départ
de l'élevage et l'abattage est long, plus ce défaut est important.
Sans arriver à des fractures ou à des contusions, toutes les causes
mentionnées stressent les animaux, pouvant également entraîner
des pertes économiques. Après
l'abattage, le glycogène musculaire se transforme en acide lactique et,
après une série de réactions chimiques, le muscle se transforme
en viande. Si l'animal est soumis à un stress avant l'abattage, le glycogène
musculaire a déjà été partiellement utilisé,
produisant ainsi moins d'acide lactique après la mort et une
altération de la qualité finale de la viande. L'altération
de la viande PSE et DFD, malgré une prédisposition génétique,
ne s'exprime pas s'il ne se produit pas un stress "pré-abattage"
qui produit un épuisement du glycogène musculaire.
L’autre problème lié au bien-être durant le transport
est la mortalité qui généralement
a deux causes principales (hormis les lésions chroniques de l'appareil
circulatoire) : l'étouffement par vomissement et le coup de chaleur. Les
deux évènements sont plus fréquents si les animaux ont été
nourris avant de partir. L’absence de jeûne
favorise particulièrement la mortalité dans des conditions
de température et d'humidité élevées, associées
à une forte densité de chargement. Sachant que dans les premières
18 h de jeûne la perte de poids du porc est exclusivement du contenu gastro-intestinal,
le jeûne "pré-abattage" pour réduire la mortalité
doit être d'au moins 6 à 12 h. La durée optimale du jeûne,
en comptant le temps d'attente dans les cases de l’abattoir est de 18 à
24h. Une durée plus longue entraînerait une diminution du poids de
la carcasse et du foie.
La connaissance de notions simples sur le comportement du porc, associée
à une adaptation des structures et une sélection génétique
des animaux les plus dociles et maniables, réduit au minimum le stress
des animaux avec des conséquences positives sur son bien-être et
la qualité de la viande..
Principales
causes de stress dans le transport
Type
de stress
Stress
Effet
Impact
économique
Physique
Installations
conçues ou utilisées de façon incorrecte (sol glissant,
saillies coupantes, …)
Pertes
de pièces économiquement importantes (ex : jambons)
Micro-climat
non adapté (trop chaud ou froid).
Surpopulation
Stress,
vaisseaux marqués.
Diminution
de la production détérioration de la qualité de la
viande, mort de l'animal.
Utilisation
de piles électriques.
Stress,
vaisseaux marqués.
Pertes
de pièces économiquement importantes (ex : jambons), réduction
de la qualité de la viande.
Social
Mélanges.
Contusions,
lacérations, stress.
Pertes
de pièces économiquement importantes (ex : jambons), réduction
de la qualité de la viande
Manipulation
par une partie du personnel sans formation adaptée.
Contusions,
lacérations, stress.
Pertes
de pièces économiquement importantes (ex : jambons), réduction
de la qualité de la viande
Conseils
pour un bon transport
Jeûne
d'au moins 10 heures avant le transport.
Les
couloirs par lesquels on transfert les animaux vers le camion doivent être
bien éclairés et suffisamment larges pour que deux porcs puissent
passer à la fois.
Rampes
de chargement/déchargement avec une pente < 15° ou plate-forme
hydraulique de chargement.
Ne
pas utiliser (ou utiliser le moins possible) les piles électriques.
Ne
pas mélanger les porcs d'origines différentes.
Respecter
la densité du chargement.
Respecter
les conseils quant à la température et l'humidité.
Réduire
au minimum la distance à parcourir.
Choisir
la route la plus courte et en meilleur état.
Conduire
prudemment sans accélération, ni freinage brusque.
Toujours
traiter les animaux sans brutalités. Ne pas forcer leurs mouvements
mais tenir compte de leurs caractéristiques comportementales.