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| Vessie
déchirée |
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| Vers
rénaux (Stephanurus dentatus) |
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| Cystite |
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| Pyélonéphrite |
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| Cristaux
sur le sol |
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| Jonction
uretéro-vésicale normale |
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| Cristalurie
dans l'urètre |
Lors d'un examen post-mortem, on peut faire une exploration complète
de l'appareil urinaire. Toutefois, avant d'arriver à ce stade, on peut
percevoir quelques indices en examinant
la coloration
sanguine de la région du périnée,
la coloration de l'urine,
les lésions
cutanées ou la présence de cristaux dans le vagin ou l'urètre.
Les photos illustrent certaines des modifications macroscopiques observées
sur le rein.
Principales maladies
Chez le porcelet nouveau-né, nous pouvons trouver des anomalies comme
l'urétrocèle ou des uretères ectopiques. Cependant, les
plus fréquentes sont les
kystes rénaux
qui, dans beaucoup de cas, peuvent être associés à
des kystes du foie. Il peut y avoir aussi l'écrasement ou le traumatisme
par la truie.
Sur des porcs de tout âge, nous pouvons rencontrer des maladies graves,
comme la peste porcine africaine ou la peste porcine classique et autre septicémies
graves comme la salmonellose ou le PDNS (syndrome dermatite-néphrite).
Il y a
plus de 30 causes différentes pour le
classique rein en forme d'œuf de dinde : il n'est pas pathognomonique
de la Peste porcine classique (PPC) ni ou de la Peste porcine africaine (PPA).
Il est provoqué par une congestion, une hémorragie ou des embolies
dans les glomérules.
Des reins blancs veinés sont souvent des éléments diagnostics
de
néphrite interstitielle et on
pense qu'ils sont fréquemment associés aux leptospires.
Taille
Dans beaucoup de troubles rénaux, une
augmentation
de la taille des reins se produit. Elle est normalement due à l'augmentation
de la teneur en sang et , parfois, à celle de l'urine et du tissu interstitiel.
Une
diminution de la taille du rein est
habituellement due à des maladies rénales chroniques et à
un rein en phase terminale.
La présence de
kystes peut provoquer
des modifications morphologiques.
Couleur
La couleur du rein est modifiée par le degré d'autolyse ou d'hypostasie.
Ces changements peuvent être
diffus ou focalisés.
Un
rougissement important peut être
en rapport avec une congestion associée à la PPA ou la PPC, des
septicémies ou une électrocution.
La
pâleur peut être signe de
fibrose, d'infarctus, d'ochratoxicose, d'anémie, de modifications graisseuses
ou de nécrose tubulaire.
On observe une modification de la couleur tendant vers un
ton
"grillé" lors de cas d'ochratoxicose et vers le
marron dans le cas de porphyrie.
Des
rougissements focalisés apparaissent
lors de situations d’hyperhémie diffuse ou d'embolie dans les glomérules.
La
pâleur focalisée est caractéristique
d’infarctus, de nécrose ischémique ou de néphrite
interstitielle.
Les
tâches blanches indiquent normalement
la présence de néphrite interstitielle. Elles ne correspondent
pas toutes à des leptospiroses mais la leptospirose est la bactérie
qui est la plus fréquemment associée à celles-ci.
On trouve des
foyers de couleur orange dans
le rein quand on observe des cristaux d'urate ou des cristaux.
Autres changements
Douze heures après la mort, les reins commencent à se ramollir
et deviennent ensuite tendres (très mous).
En cas de fibrose chronique, ils sont durs
car ils sont en état de déshydratation ou de néoplasie
(il n'est pas rare de trouver des néphroblastomes sur de jeunes porcs).
On peut observer des
lésions d'aspect sablonneux
dans les cas de calculs rénaux ; des bulles gazeuses dans des cas d'autolyse
avancée ; des
hémorragies
qui peuvent être graves suite à l'intoxication à la warfarine
ou suite à des traumatismes:
ecchymoses
en cas de PPC ou PPA, de salmonellose, de rouget, d’encéphalomyocardite
virale ou de maladie d'Aujeszky, au cours de l’abattage, par intoxication,
en cas de leptospirose aiguë, de pyélonéphrite ou d’endotoxémie.
Vessie
Les modifications de la vessie se limitent généralement à
la muqueuse et s'étendent parfois à la sous-muqueuse.
Rien n'est pathognomonique sauf la présence
d'inclusions dans la muqueuse. Parfois on peut observer une dégénérescence
mucilagineuse. On observe des hémorragies dans la vessie lors de septicémies
majeures. On trouve du mucus, des déchets en excès, des cellules,
des bactéries et de la fibrine dans la lumière de la vessie dans
les cas de cystite aiguë. Lors de crises subaiguës et chroniques,
les neutrophiles sont remplacés par des cellules lymphoïdes.
Analyses de laboratoire
La recherche microbiologique consiste dans
la culture de tissu rénal et d'urine, mais seulement sur des prélèvement
frais (meilleurs résultats). On doit incuber sur de la gélose
au sang et du MacConkey pendant 24 et 48h. On a besoin de sang de cheval pour
Arcanobacterium (
Eubacterium)
suis. Dans les cas
aigus on peut aussi faire des cultures pour la recherche des leptopspires. On
fait fréquemment des cultures pour
E. coli mais, dans ce cas,
il n’y a pas de spécifications particulières .
On utilise aussi parfois
l'immunofluorescence et la
lumière sur fond noir pour les leptospires.
L'urine de porc peut présenter diverses caractéristiques
physiques anormales. Parmi celles-ci on trouve l'urine rouge, l'urine
verte, l'urine blanche ou visqueuse, trouble, mousseuse ou à l'odeur
d'ammoniaque. Plusieurs substances peuvent apparaître avec des changements
de pH, de la bilirubine, du sang, du glucose ou des cétones et aussi
des nitrites ou des protéines.
Les sédiments peuvent être divers comme des cellules épithéliales,
des hématies, des leucocytes, des cylindres, des bactéries, des
spermatozoïdes, des cristaux ou du mucus.
Ochratoxicose, pyélonéphrite
et leptospirose
Les 3 principaux troubles de l'appareil urinaire sont l'ochratoxicose, la pyélonéphrite
associée avec A. suis et la leptospirose.
Dans le cas de l'ochratoxicose, les lésions
rénales sont très variables avec observation de
stries
blanches. Il y a aussi une nécrose tubulaire aiguë. On
peut faire des tests d'ochratoxines mais la vie moyenne est seulement de 3 à
5 jours.
Des concentrations de seulement 200 ppb (parties
par billion) dans l'aliment provoqueront des lésions rénales.
Dans la cystite et la pyélonéphrite, il y a fréquemment
des anomalies associées d’apport d'eau ou de problèmes locomoteurs.
Le diagnostic est habituellement fait post mortem et requiert l
'isolement
du micro-organisme du rein ou de la vessie.
La leptospirose est diagnostiquée par
sérologie
pour ce qui concerne les problèmes de troupeaux mais, au niveau individuel,
on peut recourir à une observation microscopique avec éclairage
sur
fond noir, à
l'immunofluorescence,
des techniques de
PCR ou une
culture
pour démontrer l'infection.