Commentaire 24-déc-2010
Pôle Économie IFIP
24-Déc-2010 (il y a 15 ans 3 mois 8 jours)
Fin d’année plutôt ferme
Sur le marché du porc, l’année se termine plutôt mieux
qu’on aurait pu le craindre. Depuis le mois de novembre, la bonne
tenue du marché allemand soutient les prix européens.
Finalement, la chute des cours qui se prolonge habituellement durant l’automne
s’est interrompue fin septembre. Sans surprise, la hausse allemande a été imitée
aux Pays-Bas, alors que le Danemark, l’Espagne et la France se contentaient
de rester stables à très légèrement ferme. Mais à l’heure de rédaction de ces
lignes, le Cadran apporte la bonne nouvelle d’une hausse sensible, +3 centimes
juste avant Noël.
En France, ces derniers mois de l’année, le prix du
porc connaît un bonus d’une dizaine de centimes par rapport à 2009. En moyenne,
2010 fait pratiquement jeu égal avec l’année précédente.
L’export vers les pays tiers tire le marché
Les exportations de l’UE vers les pays tiers ont retrouvé des
niveaux particulièrement élevés en 2010. Pour les 9 premiers mois
de l’année, elles sont en hausse de 16% par rapport à 2009 et presqu’équivalentes
à celles de 2008, qui pourtant avaient bénéficié de restitutions jusqu’en août.
L’Allemagne (+22% par rapport à l’an dernier) a largement dépassé le Danemark
(+17%), mais il est vrai qu’une partie des viandes danoises sont préparées hors
du pays, en Pologne ou en Allemagne, pour être réexportées. La France a aussi
largement accru ses ventes de porc hors de l’UE (+25% sur 2009), occupant la
3ème place, mais pour des volumes près de 3 fois inférieurs aux deux leaders.
Les ventes de l’UE se sont emballées en septembre, surtout vers la Chine et
Hong-Kong et vers la Russie.
Qu’attendre de 2011 ?
Jusqu’à présent, les informations disponibles annoncent un maintien ou une très
légère fermeté de la production porcine de l’UE jusqu’au milieu de 2011, mais
le prix du porc pourrait être un peu supérieur à celui de 2010. Partant
d’un peu plus haut qu’en janvier 2010, il bénéficiera d’une hausse saisonnière
de l’ordre de 20 centimes jusqu’en juin et il profitera d’une
concurrence atténuée sur le marché mondial, et par rapport aux autres
viandes. Partout, on annonce la rareté et donc la cherté du bœuf, mais aussi
de la volaille.
Pour autant, le coût de production va atteindre des
sommets au début de 2011, avec la répercussion totale du prix des
matières premières. La plupart des pronostics tablent sur des céréales et tourteaux
chers au moins jusqu’à l’été. Beaucoup de producteurs de porcs européens souffrent
durement de la crise. Faut-il s’attendre à des reculs sensibles de production
au 2ème semestre 2011 ? Au Danemark, en octobre, le cheptel de truies était
inférieur de 6% à celui de 2009. Dans ce pays, la situation financière des éleveurs
est très tendue.
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
Le 24 décembre 2010
Pôle Économie IFIP