Commentaire 20-oct-2010
Pôle Économie IFIP
20-Oct-2010 (il y a 15 ans 5 mois 12 jours)
Le calme avant la tempête ?
Le prix du porc est plutôt stable dans le nord-ouest
de l'Europe et en France, en légère
baisse en Espagne où le recul saisonnier a fortement ralenti,
ce qui est rare pour la période. Les prix payés aux éleveurs
(estimations IFIP) sont compris entre 1,25 et 1,30 €/kg, à l’exception
de l’Allemagne, quelques centimes au-dessus. Ils dépassent légèrement
ceux de l’an passé
Les abattages sont soutenus : hausses annuelles de 6% du cumul 2010 en Allemagne,
de 3% au Danemark. Ils restent stables en France et baissent de 1% aux Pays-Bas
(exportation de porcelets et de porcs charcutiers vers l’Allemagne).
La demande est à la hauteur. Les abattoirs écoulent les animaux présentés et
le marché des pièces principales se maintient. Les plus grasses sont bien valorisées
à l’exportation, répondant à la demande saisonnière des pays de l’Est. C’est
aussi le moment où l’on produit les pièces fumées en Allemagne.
Stimulation des échanges mondiaux
Aux États-Unis, la hausse du coût des matières premières pénalise la rentabilité
de la production porcine. Celle-ci va reculer d’ici la fin de l’année, mouvement
qui devrait se poursuivre au premier semestre 2011 (réduction actuelle du nombre
de truies saillies).
La compétitivité des exportations européennes est affectée par l’affaiblissement
du dollar. Cependant, le rétablissement, après la crise
économique, de la demande en Asie et en Russie est plus rapide qu’attendu, ce
qui stimule les échanges mondiaux.
Fin d'année difficile
L’effet des vacances scolaires devrait se faire sentir maintenant sur la consommation
en Allemagne, entraînant un recul des prix des pièces
et du porc, qui devrait se répercuter au reste de l’Europe.
La fin 2010 devrait connaître une hausse de la production
porcine de l’UE (+ 1% en un an au dernier trimestre) et un moindre dynamisme
saisonnier de la consommation. L’exportation ne pourra toutefois
complètement absorber l’excédent, en raison des conditions d’échange moins favorables
(force de l’euro) et parce qu’à destination de la Russie (principal client de
l’UE à 27) les quotas autorisés seront bientôt atteints.
Malgré le plateau actuel, les prix devraient donc reprendre
leur baisse saisonnière ; les experts européens s’accordent pour
dire que les cours de la fin 2010 devraient être proches de ceux de l’an dernier.
Les perspectives sont plus floues pour le 1er semestre 2011 où une hausse de
1,5% de la production porcine est attendue dans l’UE, pour un prix compris entre
les valeurs de 2009 et celles de 2010. Le tout dans un contexte difficile, lié
au renchérissement important des matières premières, de l’aliment et du coût
de production du porc, après déjà 3 années de crises consécutives…
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
Le 20 Octobre 2010
Pôle Économie IFIP