Il pleut sur un sol mouillé - La
"nouvelle grippe" n'est pas de la "grippe porcine"
Il y a une semaine, la nouvelle éclatait dans tous les médias
: une recombinaison de virus grippaux infectait de façon virulente les
personnes au Mexique. On signalait plusieurs morts.
L'expression "Grippe porcine" apparut subitement dans les titres de
tous les médias en faisant porter sur la filière le discrédit
lié à la maladie. L'OMS alertait d'une possible pandémie
et, fatalement, le porc était associé péjorativement à
un problème sanitaire grave.
Depuis le mercredi 29 après-midi, les médias (suivant les instructions
des autorités de l'UE) ont rebaptisé la maladie en l'appelant
"nouvelle grippe". Il était temps. Nous pensons qu'il y a eu
un manque de sensibilité politique pour réagir avant et éviter
à la production porcine de culpabiliser inconsciemment alors qu'elle
est totalement innocente dans le cadre de l'UE.
Il y a des bonnes nouvelles : la grippe est bénigne (la mortalité
mexicaine devrait être imputée à l'incompétence de
son système de santé), les antiviraux existants sont efficaces
et jusqu'à maintenant on ne signale pas de baisse de consommation liée
à l'alerte sanitaire comme en attestent les principaux opérateurs
dans la distribution de viande fraîche sur notre marché.
En fonction de la manière dont évoluera cette crise sanitaire,
le marché du porc en vif parait ferme comme de la pierre. Les répétitions
successives au même cours montrent que nous nous trouvons dans une zone
d'attente de la hausse de l'été.
La crise financière a entraîné des ventes non volontaires
par manque de financement (ce qui explique les prix particulièrement
bas des longes il y a seulement quelques semaines) et, en général,
les stocks de pièces nobles ne sont pas importants. Il n'y a pas de stockage
privé comme les autres années qui peut freiner les hausses. Si
le consommateur, fidèle au rendez-vous, est présent avec la vigueur
estivale habituelle, alors certaines pièces devraient être revalorisées
de façon importante.
La France hésite (en attendant de monter); l'Allemagne a revalorisé
ses prix et tout parait comme si les marchés s'interrogeaient en attendant
de voir qui commence le premier le mouvement haussier.
Malgré la résistance à la hausse que le secteur de la transformation
a mis en évidence en Espagne dans les dernières semaines, la réalité
du marché imposera sa loi et il n'y aura pas d'autre choix que celui
de suivre la voie des autres pays. En quelques mots, si le cours monte en Europe,
il montera aussi en Espagne.
On s'attend à une bonne campagne pour cet été : prix à
la hausse, offre contenue et flux d'exportation confortables. Pour les autres
intervenants de la filière (abattage et transformation), on s'attend
à plus de difficultés.
Mieux vaut marcher au pas que courir et trébucher.

Guillem Burset |