Commentaire 21-jan-2009
Pôle Économie IFIP
21-Jan-2009 (il y a 17 ans 2 mois 11 jours)
Une offre en baisse
Après quatre mois de baisse, les prix semblent enfin
avoir atteint un plancher, légèrement supérieur au niveau de début
2008. Les cours dans la plupart des pays européens se sont stabilisés en fin d’année,
dans un contexte d’abattage restreint. Début janvier, ils ont à nouveau baissé
lors des deux premières semaines de janvier, le marché faisant alors face aux
retards d’enlèvement des dernières semaines de décembre. La
France se distingue cependant ; après une baisse des cours fin décembre, le prix
du porc est resté stable début janvier. L’Allemagne reste le cours
directeur en Europe, l’Espagne, avec une nette baisse en début d’année, ferme
la marche.
Au 4ème trimestre 2008, la production de l’UE 27 a reculé de façon visible (près de 4%) par rapport à la même période en 2007, avec des situations très contrastées selon les pays : +1% en Allemagne et en Espagne, -3% en France, -7% au Pays-Bas et -10% au Danemark.
Globalement, en 2008, les abattages ont reculé de 1,2% comparé à 2007 pour l’UE 27. Ils ont crû de 3% en Allemagne et 1% en Espagne ainsi qu’aux Pays-Bas, alors que la production est restée stable en France. Le nombre de porcs abattus recule de 3% au Danemark et chute de 12% en Pologne.
En 2009, cette baisse devrait se poursuivre dans tous les pays, y compris en Allemagne, avec une baisse de 6% du nombre de reproducteurs en novembre 2008.
Des incertitudes sur la demande
Après deux semaines de calme, les exportations, notamment
vers l’Europe de l’Est, devraient reprendre doucement. Il sera cependant
difficile d’égaler les niveaux de 2008, soutenus alors par les restitutions.
En France, la demande semble là ; elle diminue
d’à peine 1% en un an pour les produits du porc durant les 11 premiers mois de
l'année 2008, contre – 2,5% pour l'ensemble des produits carnés. Le porc conforte
son statut de "viande refuge", viande qui devrait être plébiscitée lors des promotions
de janvier. Il est cependant difficile de savoir quels comportements vont avoir
les consommateurs en 2009, dans le contexte actuel de morosité économique.
Le Brésil reste très compétitif, avec des prix bas conjugués à la faiblesse du Réal. Cependant, la Russie, un de ses principaux marchés d’exportation, a réduit ses quotas pour les pays autres qu’Etats-Unis (en augmentation) et Union Européenne (stable). Cela risque d’accroître la concurrence sur les autres marchés mondiaux. Les Etats-Unis restent eux aussi très compétitifs.
Dans ce contexte de prix à la production bas et de concurrence internationale
toujours tendue, une douzaine de pays, dont l’Espagne, la Belgique, la France
et la Pologne, ont demandé la mise en place de stockages
privés. Cette demande a été refusée par la Commission Européenne, estimant
que des mesures de soutien n’étaient pas à l’ordre du jour. Cependant, de nombreuses
entreprises européennes sont forcées de stocker une partie de leur production
face à des débouchés encore limités, malgré la nécessité de conserver des liquidités.
Sous pression en début d’année du fait des retards d’enlèvement,
les cours baissent. Cependant, la demande, stimulée par les promotions en janvier,
pourrait permettre une reprise dès la fin du mois. En février, les prix devraient
repartir à la hausse, même si les prévisions sont moins optimistes que les précédentes.
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
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