Après six séances consécutives se répétant,
trois se sont déroulées avec une baisse accumulée du cours
de 9 %. Les opinions d'opérateurs respectés qui pronostiquaient
de légères baisses n’ont en rien étaient validées.
La douceur des températures (le cheptel croît comme jamais), une
offre en conséquence persistante (des poids légers mais persistants)
et l'incapacité de l'Allemagne de "tenir la route" sur son marché,
ont provoqué les baisses subites de ces trois dernières semaines
à Mercolleida.
Il est courant qu'en Septembre, des réajustements drastiques à la
baisse se produisent en Espagne, même si, pour cette saison, on avait pronostiqué
que les prix auraient pu évoluer de façon différente (baisse
légère pour rebondir en novembre)
La crise financière galopante et sans limite (crash ou crack dans beaucoup
de gros titres de la presse d’aujourd'hui) touche la mentalité du
consommateur moyen européen qui réagit avec une extrême précaution
et prudence en adaptant sa consommation à un plus bas niveau que d'habitude
(les pièces nobles ne trouvent pas leur réelle valeur sur le marché)
; les exportations vers les pays tiers poursuivent leur lancée bien qu’à
un rythme inférieur à celui du premier semestre, les cheptels continuent
à présenter – dans toute l'UE – une nette diminution
du nombre de mères ... comme toujours, les composants et variables du marché
sont nombreux, très complexes et extraordinairement compliqués.
Malgré la sévère correction à la baisse de la deuxième
quinzaine de septembre, il existe encore la ferme conviction que “quelque
chose de gros se prépare” comme une réponse naturelle (et
peut-être drastique) par rapport à la diminution du cheptel. Nos
collègues de l'IFIP français pronostiquent pour l'été
prochain un cours ponctuel de la carcasse supérieur de 45 centimes par
rapport au cours actuel, ce qui nous montre bien leur croyance qu'au final, la
diminution du cheptel doit entraîner le cours vers un autre niveau.
La réalité et les faits sont têtus, pour le moment l'offre
est abondante, les abattages se déroulent à un très bon rythme,
les ventes sont assez fluides (à l'exception des pièces les plus
nobles comme on l'a déjà indiqué dans le commentaire précédent)
et les cours restent dans toute l'UE à un niveau qui n'invite pas à
l'optimisme.
La globalisation des marchés est un fait indéniable. L'évolution
est claire dans presque tous les secteurs : opérateurs en moindre nombre
et plus grands, avec des imbrications économiques croissantes entre les
pays. La crise économico-financière actuelle aura, certainement,
des répercussions plus grandes que si les marchés étaient
plus indépendants. Il y aura assurément des conséquences
– à un degré ou à un autre mais elles existeront -
dans le secteur porcin mondial bien qu'il nous soit impossible de prédire
lesquelles.
Il nous reste la triste consolation de penser que « tout finit par s’arranger
» car il n’y pas de corps qui supporte le mal.

Guillem Burset |