Commentaire 18-avr-2008
Pôle Économie IFIP
18-Avr-2008 (il y a 17 ans 11 mois 14 jours)
Faux départ sur le marché du porc
Hésitant en France dès la fin-mars, les prix du porc à la production sont retombés courant avril dans l'ensemble des pays de l'Union européenne. Seul le Danemark, toujours modéré dans ses évolutions, s'est stabilisé sur son plus haut niveau acquis des dernières semaines. Il est possible d'y voir là un signe de proche reprise du marché européen. Mais il faut aussi constater que ce "haut niveau" n'est guère plus élevé que les derniers prix constatés en France et en Allemagne…
L'offre reste encore élevée dans l’UE, même si elle paraît
un peu moins forte en France.
De plus, malgré le fait que le "déstockage privé" ait été repoussé, des
volumes sont ressortis des congélateurs pour être livrés aux clients,
réduisant d'autant les besoins sur le marché du frais.
Au Nord de l’Europe, le marché de la viande n’est pas dynamique. Qui plus est,
le mitage à venir de l'activité, avec deux ponts successifs début mai, va réduire
le nombre des journées d'abattages. Malgré donc le recul de l'offre qui devrait
se confirmer progressivement, la baisse des abattages
en première quinzaine de mai devrait maintenir la pression sur le prix.
Le prix du porcelet hésite
Voilà maintenant un an que les prix des porcelets sont bas, largement
inférieurs au coût de production, sous l'effet de l’abondance de l'offre,
du coût élevé de l’aliment, de la réglementation croissante sur les transports
qui limite les débouchés à l'international et de la morosité sur le marché de
la viande de porc.
Après avoir laborieusement regagné du terrain durant les derniers mois, le
prix des porcelets est devenu plus hésitant, stabilisé depuis un mois.
Selon les Néerlandais et les Danois, de nouvelles baisses pourraient encore avoir
lieu, compte tenu de l'importance des disponibilités actuelles.
L'exportation pénalisée par le dollar
Les États-Unis sont très présents sur le marché mondial. Leurs ventes de viandes
de porc (fraîches et congelées) des deux premiers mois de 2008 ont augmenté de
48% en un an ! Leurs flux vers le Japon, premier débouché, n'ont progressé que
de 1%. Par contre, la Chine est devenue la deuxième destination avec des
tonnages multipliés par 5 en un an, tandis que les expéditions vers
la Russie gagnaient 150%. L'évolution du dollar, à presque 1,60 dollar pour 1
euro, contribue aussi à la compétitivité des exportations Nord-américaines.
Dans ce contexte, la Commission vient de confirmer le
maintien des restitutions pour la viande porcine. Heureuse initiative,
mais les quantités aidées atteignent déjà 80 à 85% des quantités annuelles autorisées
jusqu'en juin dans le cadre du GATT. La marge de manœuvre s'avère donc faible.
D'autant plus que les ventes de l'UE à la Russie frôlent aussi les quotas maximum
autorisés par les Russes.
Seule la réduction de la production porcine européenne peut provoquer une hausse
significative du prix du porc. Celle-ci devrait se produire en seconde partie
d'année 2008. Dans l'attente, le prix sera soutenu à-partir de fin mai par l'approche
de l'été.
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
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