Commentaire 18-jan-2008
Pôle Économie IFIP
18-Jan-2008 (il y a 18 ans 2 mois 14 jours)
Prudent statu quo sur le marché du porc
Si l'activité des abattoirs a été forte avant les fêtes,
elle s'est ralentie pendant. La nouvelle année
a donc débuté avec un stock élevé d'animaux vifs.
Les abattages ont repris à plein régime depuis, maintenant la stabilité
des cours sur les principaux marchés européens, malgré des
échanges de pièces plutôt orientés à la baisse.
Plusieurs hypothèses :
- ne pas fournir de motifs de baisse au détail, dans un contexte de plus
en plus difficile à la production,
- préserver autant que faire se peut les approvisionnements à venir,
en essayant, dans la mesure du possible, d'éviter de trop fortes décapitalisations.
Il n’y a pas pour le moment d’indicateurs
solides témoignant, à l’échelle européenne,
d’une réduction de l’offre de porcs dans les mois à
venir :
- L'évolution des abattages de coches chez quelques principaux pays de
l’UE sont encore trop faibles pour en tirer des conclusions pertinentes.
Il faut d'autre part assortir ce critère des renouvellements effectués
dans les élevages en cochettes de remplacement. En Espagne par exemple,
il semblerait, selon les observations mensuelles de certains outils de gestion,
qu'une inversion de tendance se soit produite depuis l'été dernier,
avec une très légère décroissance des effectifs reproducteurs.
Mais l'Espagne devrait avoir abattu quasiment 3 millions de porcs en plus l'année
dernière (+7% par rapport à 2006), atteignant ainsi un plus haut
historique.
- Au plan des cheptels nationaux de fin d'année, les premières données,
celles de l'Allemagne au 1er novembre, montrent une stabilisation de l'effectif
porcin total, mais une réduction de 2% en rythme annuel du nombre des truies.
Une petite diminution de l’offre allemande en porcs charcutiers est attendue
pour la seconde moitié de l’année 2008. Mais l'abattage allemand
aussi aura augmenté de presque 3 millions de porcs en 2007 !
Les enquêtes de cheptel des autres pays de l’UE, non connues à
ce jour, devraient éclaircir davantage la situation de l’offre européenne
des mois à venir.
Du coté des débouchés, les promotions
en grande distribution devraient favoriser les achats de viande de
porc. Au plan européen, la demande est confortée par les restitutions
à l’exportation mises en place depuis fin novembre par la Commission.
Le marché russe est la première cible pour accélérer
les sorties.
Sur le fil du rasoir
Au regard de l’offre et de la demande des dernières semaines, le
marché européen paraît en équilibre, mais le danger
d’une baisse du prix du porc ne peut encore être écarté.
La situation des élevages s’aggrave chaque jour, avec de nouvelles
hausses des coûts liées aux renchérissements des prix des
matières premières.
Le commerce des porcelets est toujours dans l'attente. Une
amélioration est espérée vers la fin janvier,
si toutefois les commandes des engraisseurs espagnols et de l’Europe centrale
se confirment, ce qui dépendra largement des perspectives d'évolution
des deux autres composantes de leur marge…
Les naisseurs spécialisés traversent une période particulièrement
difficile et longue.
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
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