L’actualité du marché du porc est dominée par les hausses de l’aliment.
La production peine à répercuter ses coûts sur le prix de vente. Le déverrouillage
à l'aval permettrait de soulager l'ensemble de la filière, avant que des décapitalisations
ne viennent remettre en cause l'approvisionnement de l'année prochaine.
Le prix du porc s’est maintenu cet été, grâce à une demande
correcte. Les stocks accumulés au premier semestre ont été consommés.
La hausse des matières premières fragilise les économies
des élevages et des entreprises. A tel point que les engraisseurs européens
hésitent à remplir leurs bâtiments : selon les pays, les prix des porcelets ont
perdu de 26 à 56%. Depuis le début de l’année, la cotation néerlandaise, pays
exportateur, est tombée de 40%, à 22,50 euros par porcelet de 23 kg en août. Les
plus fortes baisses ont été enregistrées en Espagne.
Perspectives incertaines
L’équilibre offre/demande de l’UE devrait peu changer durant les prochains mois,
dans l’ensemble.
Dans un contexte normal, le prix du
porc baisserait jusqu’à la fin de l’année, suivant son évolution saisonnière habituelle.
L'état des cheptels, mesuré avant l’été dans l'UE, se traduit par un très léger
accroissement de l’offre. Au second semestre 2007, la production de l'ex-UE à
15 devrait augmenter de 1% en un an, par rapport à 2006, mais baisser d’environ
5% à l’Est, soit une quasi-stabilité pour l'ensemble de l’UE à 25.
L'offre des prochains mois ne sera donc pas excessive, face à une demande correcte.
Les exportations de viande se dynamisent (Russie, Chine…). Comparé aux autres
viandes, le prix du porc à la consommation sur le marché français présente même
des marges de progrès, confortées par un déficit d’offre en volailles.
Mais
la hausse du prix de l’aliment va bouleverser cet
équilibre. Dans les prochains mois, le prix du porc, s’il se fixe selon
les mécanismes libéraux habituels, pourrait se détériorer, comme l’indiquent les
premières séances de septembre au Cadran.
Une nouvelle
crise va très rapidement imposer ses effets en Europe, avec comme cause,
cette fois, la hausse des coûts de production. Des engraisseurs choisiront de
suspendre leur activité. Les élevages les plus fragiles ou à la trésorerie insuffisante
y seront contraints.
On peut donc s’attendre à des baisses de production durant
le premier semestre 2008. Mais elles surviendront plus probablement
vers le milieu de l’année. Une hausse du prix du porc se produira alors, qui pourrait
être de grande ampleur.
Cette crise aura des effets sur le paysage de la production
porcine européenne, sur les filières et sur la consommation…
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
Pôle Économie IFIP
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