Rééquilibrage des prix en août, l'Espagne garde toutefois un avantage de 6-7
centimes du kilo vif sur la moyenne des prix européens.
Aujourd'hui tous les regards sont tournés chaque jour
vers les marchés d'Euronext et de Chicago, le blé matière première
de base est le marché directeur des céréales. Il influence directement l'ensemble
des matières premières alimentaires or, comme l'a écrit la Dépêche Agricole,
"il a perdu la boule" et est rentré dans un jeu de surenchère spéculative qui
s'amplifie par
la psychose du manque, alimentée par
les commentateurs alarmistes du marché. Il faut dire que les professionnels
du milieu n'ont aucun intérêt à nuancer leurs propos, puisque plus grande sera
la volatilité du produit, plus la spéculation sera importante, avec les inévitables
prises de bénéfices des sociétés extérieures à l'agroalimentaire. Tout cela
contribue au final, non seulement à déstabiliser les maillons qui transforment
ces matières premières, mais également à priver les utilisateurs les plus pauvres
des produits alimentaires de base.
Il nous reste à souhaiter 2 choses :
-
que la dépression sur les actions limite les ardeurs
des spéculateurs sur le marché des céréales, de la même façon qu'elle
a fortement influencé la baisse du baril de pétrole. Ces prises de bénéfice
pourraient provoquer un retournement du marché, mais malheureusement pour l'instant,
ce n'est pas le cas.
-
que les besoins importants de la Chine assainissent
durablement les marchés européens et américains, déjà sollicités
pour combler son déficit naissant, sous la double influence des problèmes sanitaires
qu'elle rencontre et de l'augmentation des consommations de viande, liée à la
forte hausse de son pouvoir d'achat. Il ne faut pas oublier que la Chine représente
53 % de la production et de la consommation mondiale.
Verrons-nous dans la viande la même pénurie que dans les autres matières premières,
c'est probable, mais dans combien de temps ?
En attendant, la situation est pour le moins délicate, et l'inquiétude des éleveurs
grandissante. Je souhaite que tous les maillons de la filière puissent traverser
cette période difficile sans trop souffrir, car
je
suis persuadé qu'à terme, le vent tournera durablement.
C'est sur cette note d'espoir que je termine mon dernier commentaire sur ce
site. En effet, après 4 années, j'ai décidé de céder ma place aux spécialistes
économiques de l'IFIP, qui continueront à vous informer chaque mois sur les
évolutions économiques de la profession à partir de leur base de données.
Hilaire Herbert
Vous pouvez réagir à ce commentaire et aux comparaisons des prix payés à
l'éleveur sur le forum de
discussion
NDLR: ceci est le dernier commentaire d'Hilaire HERBERT ....ou presque car
3trois3.com compte bien avoir de temps en temps son avis sur la situation économique
du porc. La rubrique "table ronde d'experts" qui sera publiée
dans les semaines ou mois à venir lui sera ouverte. Nous tenons
à remercier très vivement et amicalement Hilaire HERBERT pour
ces 4 années de commentaires, tantôt optimistes, tantôt
provocateurs, parfois inquiets...mais toujours honnêtes et justes en tenant
compte des contraintes économiques de l'ensemble dess intervenants de
la filière: il est largement responsable de l'audience de cette rubrique
auprès des éleveurs de porcs. Merci Monsieur Herbert, merci Hilaire!