(NDLR: ce commentaire a été écrit
le 30 Juillet par Guillem Burset. Il est mis en ligne avec 15 jours de retard
à cause des congés du webmaster)
Juillet 2007: les premiers pas
vers l'abîme?
On peut plus attribuer la baisse ininterrompue de notre cours pendant
le mois de Juillet à une régularisation avec l'UE qu'à autre
chose (les différentiels que nous décrivions il y a un mois se sont
réduit à des niveaux situés dans la normalité). La
France a monté de 4 centimes cumulés dans le mois et l'Allemagne
de 10 centimes, ce qui approche leurs cours des nôtres (qui continuent à
être au-dessus).
Peu à peu, nous récupérons notre compétitivité
par rapport à notre entourage communautaire, ce qui nous permet de regagner
du terrain sur l'exportation. Les réductions d'abattage se calment ou s'arrêtent
et les marchés se montrent assez fluides, comme cela correspond à
cette époque de l'année.
Finalement, de très importants stocks ont été faits en congelé,
ce qui tranquillise momentanément tout le monde.
Le prix du porcelet en Espagne est très bon marché (16,50 € par
animal de 20 kg est un prix vraiment dérisoire), ce qui pourrait présager
un automne désastreux pour le cours du vif abattoir.
Probablement cette catastrophe annoncée ne sera pas aussi terrible. Plusieurs
facteurs conjoncturels contribuent aujourd'hui à cette situation:
| |
-
Les grandes intégrations ont parié en augmentant leur nombre
de mères, forcées pour des raisons sanitaires et de traçabilité
exigées de plus en plus par l'industrie européenne dans
son ensemble (ce qui expliquerait le prix du porcelet, désactivant
ainsi en grande partie le côté prémonitoire de cet
indicateur).
- Les températures en Juillet ont été modérées
et il n'existe pas ainsi de réserves importantes de cheptel retardé
qui pourrait déséquilibrer l'offre.
- La capacité d'abattage en Europe excède de beaucoup le
chiffre le plus optimiste d'offre en vif
- La timide réactivation des ventes de stock congelé et
la réduction claire des pertes de l'abattoir laissent entrevoir
que si le porc est bon marché on pourra abattre tout ce qui est
disponible. Il ne sera même pas nécessaire d'attendre qu'il
soit "très bas". |
Nous pensons que l'offre automnale sera très importante mais nous sommes
convaincus que les abattoirs pourront l'absorber. La peur des stocks "paralysés"
a disparu et l'annonce de l'ouverture du marché chinois aux produits porcins
espagnols à l'occasion de la visite dans ce pays de SM le Roi d'Espagne
a dénoué toutes sortes de rumeurs et spéculations autour
de gigantesques opérations...que nous voudrions voir concrétisées.
Il est incontestable que septembre, octobre et novembre seront des mois difficiles
pour l'éleveur (le cours espagnol dans la zone de 0,92 – 0,87 € en vif
??). Nous espérons que cette crise annoncée sera la plus brève
possible.
Celui qui n'économise pas une peseta quand il peut n'a pas un douro quand
il veut. (
Celui qui n'économise pas un centime quand il peut n'a pas
un euro quand il veut).

Guillem Burset |