Il a fallu attendre le marché du 19 juillet pour que la France retrouve son
plus haut niveau du 21 juin. Entre ces 2 dates,
5 marchés
consécutifs à la baisse !!!.
A l'étranger,
hausse de 4 à 8 centimes; sauf en Espagne où une pause était nécessaire,
mais qui maintient tout de même une avance confortable (+ 18 centimes). L'Allemagne
quant à elle, nous devance désormais d'environ 10 centimes. Le Danemark, malgré
les dernières hausses est toujours légèrement décroché.
L'inquiétude liée à l'explosion du prix des matières
premières, évoquée dans le commentaire du 20 juin, s'est non seulement confirmée
mais accentuée, avec une hausse supplémentaire d'environ 10 euros/tonne
depuis un mois. La nouvelle récolte, retardée par les mauvaises conditions climatiques,
a largement contribué à la situation de tension actuelle.
Les prix des matières premières ont-ils atteint leur maximum? Certains éléments
nous incitent à le penser:
- Le niveau de prix actuel des céréales, 60 à 70%, plus cher qu'en juillet 2006,
va inévitablement encourager les utilisateurs de par le monde, à incorporer
dans l'alimentation animale (qui consomme l'essentiel des céréales) tous les
produits de substitution disponibles (manioc,
citrus, corn gluten etc…)
- Le
rapport euro/dollar désavantage les
pays de la zone euro pour l'exportation de nos matières premières. L'essentiel
des échanges se fait aujourd'hui à partir du continent américain.
- La récente proposition de la commissaire européenne à l'agriculture Mariann
Fischer Boel, lundi dernier 16, de fixer à zéro
le
taux de jachère obligatoire pour les semis de l'automne 2007 et le
printemps 2008, pourrait engendrer une augmentation de production sur la prochaine
campagne, de 10 à 17 millions de tonnes.
Ceci va inévitablement
contribuer à reconstituer les stocks mondiaux et limiter ainsi les tensions
futures.
Concernant la répercussion du prix de l'aliment sur le prix de la viande, 2
éléments peuvent nous laisser espérer que le marché de la viande rentre à son
tour dans la spirale haussière.
1°) Récemment, les principaux acteurs dans le monde de la volaille ont pour
la première fois
parlé d'une seule voix face à la grande
distribution, pour imposer le réajustement indispensable au maintien des outils
de la filière. Le nombre restreint de responsables, compte tenu du
système d'intégration quasi généralisé , a certes facilité cette initiative,
mais dans le contexte actuel elle s'imposait, car en volaille, le circuit court
de la production nécessite une grande réactivité, sans quoi les répercutions
financières seraient considérables.
Il est souhaitable que les principaux acteurs de la filière porcine s'inspirent
de cet acte courageux et décident à leur tour d'agir.
2)°
Un marché qui refuserait de prendre en compte la
réalité du prix des matières premières déstabiliserait très rapidement l'équilibre
financier d'un grand nombre de producteurs, et inciterait les plus
fragiles d'entre eux à abandonner, bon gré mal gré, tout ou partie de leur production.
L'ampleur de ce mouvement ne dépendrait alors que de la capacité ou de la volonté
des créanciers à les accompagner. La Pologne vient de nous prouver, après une
année catastrophique liée à la perte des débouchés vers la Russie, que ce mouvement
peut être très important, puisqu'on estime que la chute de production va atteindre 13% sur le dernier trimestre 2007 (8% sur le 2ème semestre)
Fort heureusement, personne ne semble le souhaiter, ni en Europe, lorsque l'on
voit la remontée des cours allemands ou le niveau de prix espagnol, ni aux Etats
Unis où le prix du porc est reparti à la hausse.
Hilaire Herbert
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