Mars 2007 : de gros nuages noirs planent
à l'horizon
La persistance des autorités européennes pour développer
des alternatives énergétiques propres peut signifier une attaque
en règle sur la ligne de flottaison de l'économie des exploitations
porcines. En effet, la production de biocarburant représente l'apparition
d'une "bouche insatiable" aux ressources économiques pratiquement
illimitées.
Sans aucun doute, le nombre d'hectares réservés aux céréales
ou aux tubercules pour le bio-combustible augmentera d'une manière exponentielle.
Évidemment, les prix des matières premières pour l'aliment
augmenteront, avec une détérioration successive de l'économie
de l’élevage
Le marché européen au mois de mars a continué est resté
déprimé : l'Allemagne a baissé de 7 centimes la première
semaine, et cela s’est répété sur 3 séances
consécutives. La France oscille au même niveau que février
(un centime en hausse, un centime en baisse) et même le Danemark modéré
a été obligé de baisser de 5 centimes au cours du mois.
Dans notre pays «les épées restent hautes » : l'abattoir
fait pression à la baisse et donc c’est le seule moyen qui lui permettrait
de récupérer de la marge (qui se dégrade semaine après
semaine) et les éleveurs résistent tant bien que mal en raison de
quelques ventes normalement fluides jusqu'à présent.
Nous pensons que la position de leader de nos prix par rapport à nos concurrents
européens est intenable. La bulle espagnole ne peut pas s'éterniser
et puisque l'Europe ne réagit pas, la dure réalité devrait
s’imposer et les abattoirs semblent être obligés de baisser
leur activité, en poussant le prix à la baisse.
Le marché de la viande reste sous les minimas, les stocks continuent à
grossir et les prochaines semaines sont remplis de jours de fête. Tout paraît
à point pour un rajustement vers un niveau inférieur.
Le lest des stocks de viande nous donne l’impression d’être
un facteur décisif dans cette campagne ; par chance ou par malheur, il
n'existe pas de statistiques nous informant de leur réelle ampleur (évidemment
jusqu'à aujourd'hui cette information reste dans le domaine privé
des entreprises) ce qui constitue un handicap au moment de pronostiquer son futur
impact. En tout cas, un avis sur lequel sont d'accord les opérateurs espagnols
est que les stocks existants sont actuellement d'une envergure inconnue jusqu'à
présent
Nous verrons si l'arrivée de l'été et l'attraction traditionnelle
de consommation qu'il représente est suffisante pour retrouver les paramètres
normaux.
Une façon de résumer tout cela : le futur s’annonce très
compliqué.
Si le nuage est noir, méfie toi de la pierre.

Guillem Burset |