Evolution très contrastée depuis 1 mois.
La France et l'Espagne en hausse de 4 et 5 centimes, l'Allemagne, la Belgique
et l'Italie en baisse de 5 et 6 centimes. Ainsi
l'Espagne
est très largement en tête avec plus de 10 centimes de mieux que tous les autres
pays européens. La France se rapproche de l'ensemble des autres pays
qui se tiennent dans un mouchoir.
L'inquiétude est de mise sur le marché directeur allemand en fin de semaine dernière. Espérons que la pression des abatteurs consécutive à celle de leurs homologues français n'est que passagère, car la situation actuelle des producteurs est doublement troublée.
Selon la génétique, le type de débouchés (porcs standards, lourds ou labels) et
la possibilité de tri des animaux,
l'effet négatif sur le classement TMP et sur
le nouveau mode de paiement est encore mal connu.
3 mois de recul sont insuffisants pour se faire une idée précise, il faut passer
toutes les saisons et mesurer l'importance des adaptations apportées dans les
élevages. Le différentiel de prix de base cadran de 3,3 centimes absorbé dès les
premiers cadrans en fin d'année reviendra-t-il en intégralité à la faveur de baisses
de production ? Pour l'instant ce n'est pas le cas, l'éconoporc montre que
sur
les 10 premières semaines de 2007, l'écart avec la moyenne des principaux pays
européens s'est creusé de 3,2 centimes en vif par rapport à 2006 (8
centimes au lieu de 4,8).
Le deuxième point qui perturbe la visibilité de l'évolution de la marge des producteurs,
c'est le coût de revient alimentaire. En effet,
le coût
de l'aliment peut varier considérablement selon le taux de couverture
des fabricants d'aliment ou des éleveurs fabricants.
Depuis le début de l'été dernier jusqu'à ce jour la hausse de l'alimentation a
pu varier selon le cas de 15 à 35 centimes, soit une augmentation de prix de revient
du kilo vif de 5 à 10 centimes. Un éleveur qui cumulerait la baisse relative du
prix de vente des ses animaux et la hausse maximale de l'aliment verrait son point
d'équilibre remonté de plus de 15 centimes au kilo de carcasse. C'est dire à quel
point
la situation des éleveurs s'est détériorée en ce
début d'année.
Souhaitons que les principaux acteurs responsables de la formation du prix du marché soient conscients du problème et de la tension qui règne au sein de la production.
Nous assistons aujourd'hui davantage à une crise structurelle
que conjoncturelle.
Hilaire Herbert
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