Février 2007: Faux mirage
Le marché espagnol pourrait paraître à un observateur
étranger être un secteur ferme avançant vers une importante
réévaluation puisque sur les cinq derniers marchés de Lerida,
il s’est totalisé une augmentation cumulée de 13,30 centimes
par kg de poids vif.
La réalité est bien différente puisque la totalité
de cette augmentation a été effectuée au détriment
de la marge des abattoirs, qui n'ont pu valoriser aucune pièce de viande,
ni sur le marché national ni sur les marchés d'exportation.
La demande européenne se trouve dans un "calme total", sous des
minimas absolus en ce qui concerne les produits congelés. La demande interne
espagnole présente le même profil.
Janvier et février ont été des mois avec des semaines complètes,
ce qui a permis des abattages à plein "régime". Les abattages
importants et l'atonie du marché ont fait que les stocks en chambres froides
ont été les plus importants de l'histoire (il convient de rappeler
que la capacité frigorifique en Espagne a été doublée
durant les dix dernières années comme nous l'avons souligné
dans le commentaire précédent). Nous pensons que ce fait agira comme
un boulet sur le prix à un moment ou un autre de cet exercice, bien que
jusqu'à présent elle ait aidé à masquer la triste
réalité de la faible demande.
L'interconnexion et la dépendance de notre marché avec le reste
des marchés européens sont chaque année qui passe de plus
en plus importantes (la globalisation se fait aussi sentir dans le secteur porcin),
c'est pourquoi il s'avère indispensable d'observer ce qui arrive au Nord
des Pyrénées
Sur les cinq dernières semaines, l'Allemagne cumule une augmentation de
0,01 €/kg de carcasse; la France cumule une augmentation de 0,043 €/kg
de carcasse. En date d'aujourd'hui, le cours néerlandais du porc est de
0,97 €/kg, neuf centimes de moins que notre cotation. Ce ne sont pas des
données qui appellent à l'optimisme.
Que le prix espagnol occupe la position de leader européen en juin c'est
déjà traditionnel ; que cela arrive en février c'est exceptionnel
Faute d’une réaction européenne, le prix espagnol ne continuera
pas à être haussier : les abattoirs ont contribué à
augmenter le prix en sacrifiant, de gré ou de force, leur marge mais ils
ne peuvent supporter plus de hausses si la répercussion n’est pas
possible sur le prix de la viande.
Nous pensons que jusqu'à la semaine Sainte il y aura une situation "d'impasse"
avec de légères oscillations et vers la mi-avril une hausse modérée
pourrait se poursuivre. Pour que cette prévision se réalise, il
faudra cependant que le marché accélère un peu la consommation
(février a toujours été un mois très passif).
Des temps meilleurs viendront.
Celui qui a de la patience, atteint pour finir « la science » !.

Guillem Burset |