Janvier 2007: en attendant le froid
En décembre 2006, les transactions sur le porc ont été réalisées
au cours le plus bas de l'année. Janvier a commencé par une atonie
du marché (ce cours minimum s'est répété 3 fois) jusqu'à
la dernière séance qui a marqué le début d'un sursaut
qui, tout semble l'indiquer, sera définitif. En novembre et en décembre,
la météorologie a été extraordinairement clémente,
pas seulement dans la péninsule ibérique mais aussi dans toute l'Union
Européenne. En Bretagne, les plus anciens ne se rappelle rien de semblable
et on nous a raconté que l'augmentation de poids quotidien du cheptel est
sortie de tous les enregistrements précédents. En Allemagne, c'est
du pareil au même.
Le panorama en Espagne est clair: la quantité de porcs prêts à
être abattus a été excessive en raison des températures
et des retards accumulés au cours des fêtes de fin d'année;
après trois semaines d'abattage à un rythme plein, on a réussi
à diminuer le poids moyen des carcasses et à suivre la forte cadence
d'abattage, la fermeté du prix est donc assurée.
Pour peu que les intempéries persistent (gels importants), la croissance
du cheptel s'en ressentira, apportant ainsi un autre facteur de sécurité
du cours.
La situation européenne ne diffère pas beaucoup de celle de l'Espagne,
les porcs ont été abattus plus jeunes qu'à l'accoutumée
(mais plutôt à un bon poids) et on peut s'attendre maintenant à
un net retard d'abattage.
La demande sur le marché ne décolle pas, le rythme des tueries
est élevé comme on l'a déjà précisé
et il en résulte des réfrigérateurs débordant de
stocks (jusqu'à aujourd'hui personne ne s'est alarmé en voyant
augmenter les stocks de viande provenant de porcs à bas prix). A souligner
que l'une des circonstances qui s'est le plus modifiée durant la dernière
décade est la capacité frigorifique existante, qui a été
facilement doublée entre le public (entreprises de location) et le privé
(les mêmes opérateurs de tuerie et de découpe). Nous pensons
que ce facteur peut aider, selon les cas, à masquer la réalité,
en amortissant les mouvements du cours dans les deux sens.
Il reste seulement à espérer que la demande réagisse. Si
cela arrivait à se produire et si cela coïncidait avec des froids
intenses, nous pourrions voir un marché emballé sur une courte période.
En termes de prix, il est clair que le pire est déjà passé.
Seulement il nous reste, comme presque toujours, à attendre et voir.
Avec des efforts et de l'espoir tout peut être atteint.

Guillem Burset |