La chute importante des cours initiée par la France fin
novembre début décembre a entraîné l’ensemble des principaux pays producteurs
à la baisse. L’Allemagne longtemps déconnectée des prix espagnols et
français a fini par s’en rapprocher avec la baisse de 9 centimes du 5 janvier.
Les jours fériés en fin d’année ont été fatals aux producteurs.
Les conséquences sont terribles,
l’effet " ciseaux "
de début 2004 se reproduit. Les prix de revient explosent avec la hausse
de l’aliment, et les prix de vente subissent la double pression de " la loi du
marché " et de la nouvelle grille de paiement.
Le 18 décembre dernier les premiers animaux ont été payés selon la nouvelle équation
à partir des mêmes mesures G1 – G2 et M2. En comparant les deux équations, on
constate que :
1) que la partie fixe est remontée à 63.2 par rapport à 59.9 (moyenne mâles femelle)
2) que l'épaisseur de gras G1 et G2 impacte d'avantage (10 à 15%) la formule actuelle,
c'est à dire que
les animaux gras sont davantage pénalisés.
3) que l'intérêt du muscle M2 n'est plus aussi important que par le passé. Son
incidence dans la formule diminue sensiblement, son coefficient multiplicateur
est réduit de 28%, et pour les lots qui seraient encore " trop bons", la plus
value est limitée à 17 centimes à partir de 61 de TMP.
Cette non valorisation des meilleurs animaux sur le plan développement risque
de renforcer le marché export en vif sur l'Allemagne et l'Italie.
En ce qui concerne la grille de poids,
il faut saluer
le principe de la progressivité pour les poids élevés P4. Il est dommage
qu'entre 70 et 80 kg le même principe n'ait pas été appliqué.
La
nouvelle équation incite les éleveurs à produire plus lourds, encouragés
par l'évolution de la gamme "lourde"et menacés par l'abaissement de la zone de
déclassement léger. Etant donné que le cycle de rotation est imposé à l'éleveur
par l'organisation des bâtiments existants,
produire
plus lourds implique une augmentation énergétique de la ration et donc une production
de porcs plus gras moins bien classés. Quel en sera l'impact financier
résultant, sera-t-il positif ?
Inciter financièrement les éleveurs à bien trier leurs porcs est louable, mais
concentrer les envois entre 85 et 95 kilos nécessite
une
diminution de la taille des lots et en conséquence une multiplication des départs
(augmentation des coûts de transport). Les représentants des éleveurs, lors des
négociations ont-ils pris la mesure de l'importance des différents points précités
? Sans doute insuffisamment au regard du nombre d'éleveurs mécontents.
Bon nombre d'entre eux considère que
les 3,3 centimes
rajoutés au marché du 18 décembre, ne pouvaient résister à l'envie des abatteurs
de les absorber le plus rapidement possible. C'est d'ailleurs ce qui
s'est passé alors que le MPB avait largement anticipé les fériés de fin d'année.
Il faut rappeler que le 18 décembre, le porc français était déjà le moins cher
d'Europe.
Seule la comparaison avec les prix étrangers dans l'Econoporc pourra nous rassurer
quant à l'évolution du différentiel de prix payé au producteur.
Hilaire Herbert
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