Fêtes de Noël 2006 : du turrón(*)
avec un arrière-goüt amer
L'année se termine avec le constat, une fois de plus, que notre marché
ne peut pas par lui-même supporter une ligne de fermeté divergente
de la tendance européenne: nous avons assisté un louable essai de
remonter les prix qui n'a pas survécu à l'énorme pression
baissière française.
Le climat doux et les fêtes de début décembre se sont traduit,
logiquement, par une offre très abondante. Des problèmes d'entreprise
dans la zone centre ont contribué à la baisse. Les marchés
extérieurs continuent à être très passifs.
Un groupe d'abattoirs catalans a passé contrat sur une importante quantité
de cheptel français en vif pour l'abattre dès maintenant et jusqu'à
la mi-janvier. Cette opération, qui n'est pas nouvelle si ce n'est par
sa dimension et par l'époque de l'année où elle se produit,
devrait aider à réactiver le prix français, surtout dans
2 ou 3 semaines. Si le marché français améliore ses positions,
l'exportation vers notre première destination retrouvera alors les volumes
perdus, fait essentiel pour la fluidité de notre marché (si les
abattoirs ne peuvent exporter, notre marché se sature très vite).
Etant proche de la fin de l'exercice, il faut faire le bilan: la moyenne annuelle
doit être considérée comme plus que correcte ce qui est ce
qui compte finalement. La chute en cascade commencée le 31 Août (d'une
ampleur sans précédent) a jugulé un bénéfice
d'élevage que promettait d'être éclatant. La réalité
s'est montrée peu généreuse en cette fin d'année.
Pour l'abattoir, cela a été une année bien remplie...de tensions
avec trop de périodes (et trop longues) sans marges.
L'année 2007 se présente comme chargée de défis: il
faudra les affronter avec énergie!
Sachant que notre marché naturel se trouve à l'intérieur
des frontières de l'UE, nous pensons que des initiatives telles que la
récente disposition allemande prévoyant de donner une prime à
la consommation de viande allemande au détriment des viandes importées
devraient stimuler notre administration (et celle des autres pays nettement exportateurs)
pour défendre les intérêts de la liberté du commerce
de la filière. Nous craignons fort de devoir aborder cette question dans
de prochains commentaires.
En tout cas, nous sommes à Noël ; profitons bien de ces fêtes
pour se reposer l'esprit et recharger les batteries en vue des avatars du prochain
exercice.
Il vaut mieux avoir une omelette dure qu'une faim dure.
Joyeux Noël et bonne année.

Guillem Burset |
* Le turrón est une pâtisserie à base d'amandes présentée
traditionnellement parmi les desserts de Noël.