Dans les 4 dernières semaines écoulées, la variation des cours a été quasi nulle
en Allemagne, aux Pays Bas, au Danemark, en Belgique et en Italie. Le marché espagnol,
en retard, a repris 4 centimes équivalent carcasse, pendant qu’en France, le MPB
dégringolait de
10 centimes.
La pression sur les prix exercée par tous les abattoirs
dans les dernières semaines n’a aucune justification économique de marché,
elle n’est due qu’à un consensus. Ils ont profité à la fois des 2 semaines de
4 jours en fin de mois et des exportations en vif plus difficiles en fin d’année,
pour imposer leur prix.
Ce type de comportement opportuniste ne peut que
renforcer
la rancœur et l’opposition des producteurs vis à vis de leurs structures coopératives
actionnaires des abattoirs qui s’associent à cette démarche. Rappelons
qu’en ce début de semaine 50 l’écart de prix entre le ZMP allemand et le MPB est
proche de 40 centimes d’euros, soit plus de 10 centimes par rapport aux références
habituelles.
Concernant les variations de prix liées à la
saisonnalité,
qu’il nous restait à analyser dans le dernier commentaire, il faut souligner que
c’est le seul facteur qui reproduit quasiment les mêmes
effets chaque année. Dans un pays où le rapport consommation sur production
est proche de 1, comme en France, le prix de marché varie en même temps que ce
rapport.
En effet,
nous assistons chaque début d’année à une situation
difficile pour les producteurs, due d’une part à une moindre consommation
pendant les fêtes de fin d’année et d’autre part à des reports de stocks d’autant
plus importants que Noël et le nouvel an se situent sur semaine. Les prix remontent
ensuite jusqu’en début mars, lorsque la production commence à faiblir avec les
naissances difficiles de l’été précédent.
De la mi avril à la mi mai, les vacances de Pâques et
l’agneau pascal influencent certainement à la baisse la consommation
.Dans le même temps, le nombre de jours fériés de cette période ne permet pas
d’absorber la bonne production du printemps.
En juin les cours remontent sous la double influence de l’augmentation de consommation
(grillade des beaux jours) et de la baisse de production ayant pour origine les
problèmes de fertilité constatés chaque année à la fin de l’été.
Les
mois de vacances d'été sont le plus souvent les mois les plus chers
de l’année, les touristes étrangers devenant des consommateurs complémentaires
alors que les élevages rencontrent des problèmes de croissance dès les premières
chaleurs.
Une fois la rentrée effectuée, les cours chutent jusqu’à la mi-octobre. Les approvisionnements de la rentrée scolaire sont faits, la production est à son maximum, les animaux reprenant tout leur potentiel de croissance. La fin de l’année n’est jamais très favorable aux éleveurs, les jours fériés de novembre, 1er et 11 novembre, et le poids élevé des animaux à l’abattoir alourdissent le marché.
Peut on modifier ce rapport consommation sur production pour éviter une telle
variation, ou limiter son impact? Puisque la consommation est liée à une demande
totalement incontrôlable,
nous ne pouvons agir que sur
l’offre, celle-ci étant elle-même soumise aux lois de la nature (fertilité,
croissance).
Pour tenter d’influencer le prix de marché dans les périodes difficiles du printemps
et de l’automne, la production n’a d’autre choix que d’
anticiper
en exportant en vif en mars, septembre et octobre, un nombre plus important
d’animaux, de manière à diminuer au maximum les stocks en élevage sur mai et novembre,
mois où l’activité d’abattage est limitée par les jours fériés.
Nous savons que quelques milliers d'animaux exportés en plus lors de ces périodes
charnières pourraient avoir une répercussion sensible sur le cours des porcs.
Il n’y a pas de fatalité.
Hilaire herbert
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