Depuis la semaine 37 (10/09), toute l’Europe a connu
une
baisse brutale des cours, certes en phase avec la période
de l’année ou la production est à son maximum, mais
en Espagne on peut parler d’effondrement puisqu’en 4
semaines les cours ont chuté de 23 cts équivalent carcasse. L’Allemagne,
la France, les Pays Bas et la Belgique de 10 à 15 cts. Seuls le Danemark
et l’Italie ont limité leur baisse de 4 à 5 cts.
Ainsi après tous ces mouvements, en dehors de l’Italie qui comme
chaque année se déconnecte vers le haut dans son cycle hivernal,
tous les pays du Nord de l’Europe dominent le prix européen, la
France suit à 4-5 cts, et l’Espagne, une fois n’est pas coutume,
ferme la marche à moins d’un euro.
Malgré ce repli supérieur aux années précédentes,
on peut d’ores et déjà considérer que l’année
2006 après 2005 aura permis à bon nombre d’éleveurs
en situation financière délicate, après la crise 2003 –
2004, de refaire une partie de leur trésorerie et de retrouver le moral
si important dans
une dynamique de production.
Certes, en France, cela ne suffira pas à inverser la courbe de production,
mais incitera les éleveurs à
reconsidérer
le système de production futur : abandon du naissage pour
bon nombre de petits naisseurs - engraisseurs et, en parallèle,
financement
de maternités collectives sous la tutelle d’une structure.
La pyramide des âges va provoquer une accélération du phénomène
et
c’est tant mieux pour la qualité et
l’efficacité du travail futur.
Par contre, une ombre se profile à l’horizon, il s’agit de
l'
explosion des prix des matières premières.
Quelques chiffres : le blé se négociait début octobre 2005
en prix de base juillet à 108 €/T rendu usine (Poitou), il atteint
aujourd’hui 160 €/T et ce n’est peut être pas fini. Les
autres céréales suivent en sympathie : l’orge à 148
€/T, les pois fourragers qui pourraient remplacer pour moitié les
céréales, montent proportionnellement. Ils cotaient 131 €/T
base août 2005, aujourd’hui ils se situent autour de 167 €/T.
L’incidence de ces hausses sur le prix de l’aliment pourrait se
traduire par
une augmentation de 20 à 25 %,
ce qui entraînerait une répercussion supérieure à
10 cts d’euros sur le prix revient au kg de carcasse.
On mesure à quel point
la maîtrise du
prix de revient, par anticipation, que je soulignais dans le dernier
commentaire
est plus que jamais indispensable.
Hilaire Herbert
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