La chute des cours s’est prolongée jusqu’à la fin du
mois d’octobre. La chute globale a été beaucoup plus importante qu’en
2004 et 2005. Elle rappelle celle de 2003 avec une amplitude de plus de 30 centimes
en France, en Allemagne et
surtout en Espagne
où elle a presque atteint 45 centimes/kg, équivalent carcasse.
Les mouvements des marchés dans les différents pays peuvent être consultés en
représentation graphique en cliquant
dans la dernière colonne du tableau « cotations
européennes et évolution » dans la rubrique économétrie.
L’analyse de ces mouvements nous conduit à en rechercher les causes. Si nous les abordons sur le plan mondial, puis européen et enfin national, nous pouvons souligner les points suivants :
1) Lorsque nous parlons des fondamentaux à l’échelle mondiale, cela signifie que
nos cours sont influencés par des données internationales liées au potentiel d’exportation,
en quantité et en prix, du continent américain vers les principaux pays importateurs
(Russie, Japon, Corée etc...).
Lorsque l'on compare, sur une longue période les cours du CME de Chicago et les
cours européens, on constate une corrélation entre les 2 courbes, mais avec
un
décalage d’environ 6 mois. Les variations importantes de Chicago annonçant
le plus souvent nos prochaines orientations, la logique est assez claire, une
tension à Chicago se répercute très rapidement dans tous les pays producteurs
de porcs du continent américain, en particulier le Canada dont la dépendance commerciale
avec les Etats Unis est totale. Or que ce soit les Etats Unis, le Canada ou le
Brésil, ces pays sont de gros exportateurs dans les pays asiatiques et en Russie,
ils ont donc une influence considérable sur tous les marchés à l’export où nous
sommes présents et donc concurrents.
L’écart de prix
(le spread) entre Chicago et notre marché directeur européen représenté par Hanovre
est l’élément de base de régulation des flux.
Ainsi lorsque les cours sont élevés sur le continent
américain, la pression est moindre sur les cours européens et vice versa.
2) Statistiquement, on observe dans l’amplitude du prix des viandes,
une
influence directe du prix des aliments, ces derniers étant eux-mêmes
totalement dépendants des variations des cours des matières premières. Les prix
actuels de nos céréales prouvent à quel point
nous sommes
déjà dans un marché mondial.
3) Le différentiel de prix avec les pays voisins européens est de nature à influencer
le prix de notre marché intérieur.
Plus les échanges
seront importants, en particulier dans le marché du vif, plus les cours seront
réguliers et les rapports de force entre les vendeurs et les acheteurs,
équilibrés.
Nous avons tous constaté dans le passé, que les reports systématiques de vente d’animaux étaient un handicap majeur pour les producteurs.
4) En ce qui concerne
les effets liés à la saisonnalité
de la production et de la consommation propre à chaque pays, nous aborderons ce
point dans le commentaire de décembre, car c’est sans doute l’élément le plus
important dans la définition du prix. Cette question mérite donc une attention
toute particulière.
Hilaire Herbert
Vous pouvez réagir à ce commentaire et aux comparaisons des prix payés à l'éleveur sur le forum
de discussion