Septembre 2006, l'autre face de la pièce
Pour résumer ce qui s'est passé en Septembre, le mieux est de
recourir à l'impartialité des chiffres.
Le tableau< suivant (prix officiels des différents marchés) est particulièrement
démonstratif:
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Espagne
(€/kg vif) |
France
(€/kg carcasse) |
Allemagne
(€/kg carcasse) |
| Semaine
34 |
1,32 |
1,46 |
1,75 |
| Semaine
39 |
1,095 |
1,227 |
1,53 |
En traduisant ces chiffres en différences par kilo de carcasse, nous avons,
grosso modo, sur les 5 dernières semaines:
| |
En Espagne, une diminution de
prix de 29 - 30 centimes / kg carcasse
En France, une diminution
de prix de 23,30 centimes
/ kg carcasse
En Allemagne, une diminution
de prix de 22 centimes
/ kg carcasse |
Cela donne l'impression que le niveau de prix des carcasses est comparable au
niveau d'eau d'une baignoire dont on a enlevé et caché le bouchon.
L'Espagne a récupéré des positions quant à sa compétitivité
mais pas suffisamment.
Quand l'été se termine, le Marché Espagnol modère
toujours ses prix pour être plus attractif et pouvoir exporter massivement,
ce qui devient nécessaire en raison de l'augmentation clasique de l'offre
en vif à cette époque de l'année.
La raison ultime de cet affaissement du prix doit être recherchée
dans l'effondrement atypique du marché européen (jamais imaginé
de cette taille) qui oblige notre marché à céder pour essayer
d'augmenter ses parts de marché à l'exportation, incontournable
dans un moment où les abattages se déroulent de façon effrénée.
Nous pensons qu'une partie de ces baisses européennes obéissent
à une réaction d'auto-défense contre l'agressivité
automnale espagnole, comme s'il s'agissait, en employant un terme footballistique
d'un "marquage à la culotte". La France, en particulier, semble
agir comme si elle adaptait ses cours en anticipant sur les fluctuations espagnoles.
Nous pensons que notre marché est obligé de rester modeste dans
ses ambitions à cette époque de l'année; on ne devrait pourtant
pas être loin de la dernière étape à la baisse de cette
chute effrénée.
La fermeté européenne s'est évaporée comme par enchantement
au cours de ce dernier mois, en emportant avec elle l'audacieuse prévision
que nous avions faite dans le commentaire précédent (où nous
augurions un plancher de notre cours à 1,16 € / kg vif). Pour être
franc, nous n'aurions jamais pu prévoir le panorama actuel.
La consommation de viande est atone, en France on abat à tout-va et seule l'Allemagne
présente des signes d'offre modérée: cela n'est pas suffisant. Les marchés de
l'Est ne concrétisent pas leurs demandes et la réalité s'impose: la Vieille Europe
continue à être excédentaire.Espérons que le mois d'Octobre permette de trouver
des motivations pour freiner cette hécatombe en spirale.
L'espoir est la dernière des choses à perdre

Guillem Burset |