Lors des 4 dernières semaines
le marché du porc a subi
de grandes variations. Il s‘est emballé jusqu’à la fin août avant de
littéralement s’effondrer de 10 à 15 centimes en 2 semaines dans les principaux
pays européens; seuls le Danemark et l’Italie n’ont pas suivi. Certes, les volumes
abattus à la rentrée sont traditionnellement élevés et les prix de la période
estivale sont difficiles à tenir dans un équilibre incertain, mais comment expliquer
de telles variations ?
On pourrait se demander si l’utilisation du marché à
terme de Hanovre permettrait de se protéger ou tout au moins limiter les conséquences
financières de tels écarts.
L’expérience des 2 dernières années concernant le marché à terme du porc, nous permet aujourd’hui de tirer un certain nombre de leçons :
1°) Les propositions des prix de marché sur le long terme, (6 mois, 1 an), ne
sont que très peu en corrélation avec le cours du jour. Par exemple, le 18 mai
dernier le cours à Hanovre cotait 1.54 et les 4 premiers mois de 2007 étaient
à 1.36 en moyenne, 3 mois plus tard, au moment où les prix étaient au plus hauts,
à Hanovre août cotait 1.76, les mêmes 4 premiers mois de 2007 cotaient 1.40 en
moyenne. Dans un marché fluide comme c’est le cas actuellement en Europe, sans
perspectives de hausse de production et sans stock congelé,
se
positionner sur le long terme serait faire preuve de pessimisme dans un cycle
favorable.
2°)
Sur le court terme (1 à 2 mois), l’intérêt du marché
à terme est tout à fait limité. Ce serait spéculer que de croire que
des ventes effectuées sur une aussi courte période puissent générer des plus values,
surtout après avoir enlevé les commissions liées à chaque transaction.
3°) Le marché à terme de Hanovre, contrairement à celui de Chicago,
ne permet pas d’acheter les options indispensables à la bonne gestion d’un marché
du futur.
4°) Le suivi des cours de Hanovre
permet toutefois d’anticiper
les orientations du marché. Par exemple, cette semaine la reprise de
7 à 8 centimes en deux jours laisse présager un retournement de tendance sur le
marché directeur allemand. La baisse de la semaine passée aurait donc été trop
importante.
Les 3 premiers points nous amènent à nous poser la question suivante : sur plusieurs
exercices, le marché à terme est-il de nature à sécuriser les résultats d’un élevage
? Selon ma propre expérience et celle de quelques producteurs que j’ai pu interroger
à ce sujet, il existe pour l’instant,
un certain scepticisme,
surtout si l’on ajoute à cela l’aspect gestion des mouvements. Les variations
permanentes du marché obligent les éleveurs à le suivre chaque jour.
Ce
travail peut, dans des périodes défavorables, les déstabiliser et les éloigner
de leur métier premier qui est celui de l’élevage.
Par contre, la connaissance et l’utilisation du marché à terme des céréales sont
à mon sens, tout à fait indispensables pour la bonne gestion d’un élevage porcin,
que l’éleveur fabrique ou non son aliment. Il doit sécuriser au maximum son prix
de revient. Depuis quelques années la volatilité des marchés céréaliers est grande,
la campagne 2003-2004 n’est plus une exception, nous retrouvons cette année, à
nouveau les mêmes tensions dues à une récolte globale relativement faible, et
surtout à un stock mondial dangereusement bas. Selon le cycle des variations,
les contrats annuels, l’utilisation des options et le conseil des sociétés spécialisées
facilitent grandement le choix stratégique des positions prises.
Hilaire Herbert
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