Un déséquilibre offre/demande
Les hausses de mai se sont amplifiées première quinzaine de juin pour atteindre
des niveaux inconnus depuis 2001. Cela nous a semblé être la conséquence
de l’euphorie allemande liée entre autre, à l’effet coupe du monde. Pourtant,
après un rééquilibrage d’environ 5 centimes en moyenne en dessous des niveaux
les plus hauts, les cours se raffermissent à nouveau. La demande est supérieure
à 2005, sur les mêmes semaines. Si l’on s’en tient à l’appréciation de l’office
des viandes,
on peut penser que les autres viandes
feraient défaut. La diminution des offres est-elle seulement due
à la canicule ? Le fait est que
les acheteurs n’auront
pas d’autres choix que mettre le prix tant que le rapport offre/demande restera
inchangé.
Le label: la seule voie possible pour bénéficier d'une plus value
?
Dans le commentaire de mai, le problème de la fin de la production dite CCP
(Critère Conformité Produit) en France, montrait que les valorisations
possibles des viandes de porcs deviennent limitées.
Seul
le label rouge offre aujourd’hui une plus value significative. Comment
doit-on l’analyser ? Présente-elle un réel intérêt ?
Le calcul économique de ce débouché est complexe et
varie
très sensiblement selon l’élevage étudié tant les paramètres sont
nombreux et difficiles à apprécier.
L’obligation d’inséminer à partir de verrats N N, insensibles au stress entraînera
une
détérioration probable des performances à
la sortie des engraissements, en particulier le TVM (G1, G2 plus élevés). En
effet ce type de verrat est aujourd’hui en nombre insuffisant dans les centres
d’insémination et leur sélection ne fait que commencer.
On peut cependant penser que la moindre concentration des animaux jouera
un
rôle positif dans le domaine de la croissance et de l’indice de consommation.
La perte de production en nombre d’animaux, due au respect des normes
de surfaces et au rythme de production (182 jours d’âge minimum) est-elle suffisamment
compensée par l’augmentation de poids et par la valorisation des porcelets excédentaires
liée au desserrage ?
Le montant des travaux de mise aux normes du
label, nombre de porcs par case, type de caillebotis, cloisonnement des salles
… est-il acceptable ?
Les coûts de fonctionnement concernant la
participation directe ou indirecte de l’éleveur pour l’agrément du dossier label,
le contrôle de chacun des sites d’élevage par les techniciens et les organismes
certificateurs ainsi que pour les usines d’aliments ne consommeront-ils pas
une part trop importante de la plus value ?
Le choix du label ne peut être envisagé que si la structure des bâtiments est
compatible avec les exigences du cahier des charges et si le producteur peut
maintenir sa productivité ainsi que le rythme de rotation de ses bâtiments.
La recherche d’une plus value ne doit en aucun cas
dégrader significativement le prix de revient.
Hilaire herbert
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