Les marchés de Mars, comme chaque année ont été haussiers
dans la plupart des pays producteurs, 2 à 12 centimes selon que l'on
se trouve en France ou au Pays Bas, et en moyenne 5 centimes, cela correspond
à l'écart de prix habituel entre février et mars calculé sur les 5 dernières années.
Ce qui est beaucoup
moins logique, c'est
le
comportement du marché français en ce début d'avril, - 8,7 centimes
en 2 cadrans, avec une demande en hausse et une production de 375000 porcs (conforme
à la moyenne saisonnière), et ce n'est pas le marché à terme d'Hanovre, haussier
sur les mois à venir, qui incite à la baisse.
Le commentaire du MPB traduit la baisse importante de 6 centimes du jeudi 6 avril,
par une
forte pression des abattoirs, justifiée
selon eux par une absence de marge à la vente, position confortée par le récent
dépôt de bilan de l'un d'entre eux. Cela explique en partie l'attitude des vendeurs
plus compréhensifs qu'à l'accoutumée. Une autre raison à cette baisse se trouve
sans doute dans la
difficulté actuelle d'exporter
des animaux en vif. L'Allemagne, face à ses difficultés sanitaires a réduit sa
demande, ce qui ralentit le volume des flux aux frontières voisines.
Ces éléments montrent la sensibilité du marché. Dans l'intérêt des producteurs,
i
l faudrait multiplier les débouchés du vif à l'étranger,
pour gagner en souplesse et offrir ainsi des possibilités nouvelles pour les ajustements
nécessaires. Il faut bien penser que les abatteurs découpeurs ont eux aussi intérêt
à ce que leur offre ne soit pas pléthorique lorsque la consommation est en panne.
Si nous examinons la situation de ces derniers, la faible rentabilité de leurs
outils, montre à l'évidence, que
ce secteur d'activité
doit évoluer rapidement, comme l'avait souligné le rapport Cokson.
De deux choses l'une, soit les principaux acteurs réfléchissent ensemble sur la
stratégie à adopter pour s'opposer efficacement aux exigences de la grande distribution,
et améliorent ainsi leur marge, soit " la guerre " continue, et les outils les
moins performants vont disparaître,
l'augmentation des
marges ne se faisant plus alors, que sur la diminution des coûts de transformation.
Dans ce dernier cas,
qu'en sera-t-il de la répartition
géographique de ces outils ? Les coûts de transport sont tels aujourd'hui
qu'il ne faudrait pas perdre en frais d'approche ce que l'on a gagné dans l'optimisation
de la transformation.
On le voit bien, un consensus entre les principaux acteurs qui intégrerait l'ensemble de ces éléments, contribuerait fortement à redonner confiance à tous les groupements de producteurs français, qu'ils soient impliqués ou non dans l'aval.
Dans tous les cas,
le produit des éleveurs ne doit pas
servir, comme on l'a souvent dit,
de variable
d'ajustement, les situations financières et le retard dans leurs investissements
ne le permettent pas. De plus, les écarts de prix payés aux producteurs entre
les différents bassins de production montrent que
la
position des éleveurs français n'est pas la plus enviable.
Le tableau ci-après, montre les différences constatées, selon une étude allemande
ISN (Interessengemeinschaft der Schweinehalter Nord-Westdeutschland), sur l'année
2005 et les 12 premières semaines de 2006. Cette étude compare les prix de vente
réels payés aux producteurs européens sur la base de kilo de carcasse. Ces différents
prix comparés en pourcentage, à la moyenne pondérée (établie en tenant compte
des volumes de production de chaque pays) nous permet de mettre en évidence, pour
les 2 périodes, les valeurs de l'approche allemande par rapport à celle de l'éconoporc
où les prix des kilos vifs sont comparés selon le même principe.
| |
2005 |
2006
(12 premières semaines) |
| |
ISN |
Econoporc |
ISN |
Econoporc |
| |
Prix
carcasse |
Ecart
en % |
Ecart
en % |
Prix
carcasse |
Ecart
en % |
Ecart
en % |
| France |
1,335 |
-1,8% |
-3,8% |
1,357 |
-0,2% |
-3,2% |
| Allemagne |
1,385 |
1,9% |
2,1% |
1,354 |
-0,4% |
-0,6% |
| Espagne |
1,403 |
3,2% |
0,2% |
1,470 |
8,1% |
4,9% |
| Pays Bas |
1,346 |
-1,0% |
1,4% |
1,310 |
-3,7% |
-3,6% |
| Danemark |
1,273 |
-6,4% |
-4,3% |
1,242 |
-8,6% |
-7,7% |
| Italie |
1,346 |
-1,0% |
-0,4% |
1,481 |
9,0% |
9,3% |
| Belgique |
1,369 |
0,7% |
5,7% |
1,315 |
-3,2% |
0,1% |
| Moy pondérée |
1,359 |
|
|
1,370 |
|
|
Il est intéressant de constater que
les 2 méthodes font
ressortir les mêmes tendances, à noter toutefois que la méthode allemande
favorise le revenu espagnol et français et défavorise les revenus danois et belges
Hilaire Herbert