Si en février la France, avec ses 8 centimes de hausse, a comblé son retard avec
l’Allemagne, elle est
toujours assez loin de l’Espagne
et de l’Italie. Les Pays Bas et surtout le Danemark sont en retrait.
La tendance actuelle est stable ou en légère hausse sur
fond de grippe aviaire, mais avec l’incertitude liée à l’évolution de la peste
porcine constatée dans 3 élevages en Rhénanie du Nord (Allemagne).
Pour prolonger l’analyse du commentaire du 03/02/06, il est nécessaire de souligner
l’importance du positionnement européen dans la négociation
sur l’OMC commencée à Hong Kong en décembre 2005, et qui continuera
à Genève dans l’année. Pour l’instant,
l’Europe a pris
un gros risque en acceptant de supprimer le système des restitutions qui
nous a été si utile en période de surproduction. En effet, accepter de supprimer
un tel outil, si toutes les autres formes de subventions pratiquées ailleurs étaient
abandonnées, suppose que, sans artifice, nous soyons capables de concurrencer
les Etats-Unis, le Canada ou le Brésil, pour ne parler que des principaux pays
exportateurs, or
nous savons bien que ce n’est pas le
cas. Les négociateurs ne devraient pas ignorer que
les
prix de revient des producteurs européens sont respectivement supérieurs de 15
et 30%, comparés aux pays nord et sud-américains précités.
Accepter
la suppression des restitutions, c’est fragiliser l’élevage
et enlever tout espoir de développement. |
Les diminutions de protections douanières, quant à elles, nous exposent à
des
importations massives de viandes étrangères, ce qui contribuerait à
amplifier le problème précédent, le volume des animaux importés se retrouvant
inévitablement à l’export. De plus, l’importation des animaux à un prix inférieur
à celui de notre marché provoquerait immanquablement une baisse des prix ….
Tout
cela serait non seulement économiquement très dangereux, mais écologiquement désastreux.
Comment, dans ces conditions, maintenir les contraintes de production européenne,
pourquoi supprimer tel ou tel antibiotique, refuser la PST (hormone de croissance
pour le porc) ou les OGM, si nous devons consommer de la viande faite avec tous
les artifices qui nous sont interdits?
Pour traduire en chiffre notre niveau d’exposition à la concurrence internationale,
il faut observer le spread (écart de prix) entre les marchés à terme de Chicago
(CME) et d’Hanovre (WTB).
Sa valeur historique inférieure
de 0,18 centimes d’euro par kilo de carcasse, traduit notre handicap moyen, hors
transport, avec le continent Nord américain. Actuellement, cet écart
se situe autour de 0.30 centimes d’euros par kilo de carcasse. Cela donne une
idée des problèmes que nous rencontrerions dans une situation analogue en période
de déséquilibre offre/demande.
Si nous ne devons compter que sur les problèmes sanitaires,
comme il en existe en ce moment au Brésil, ou sur la réévaluation de leur monnaie
(le réal) qui a fait un bon de 25% face à l’euro au début de l’année, le pari
est pour le moins risqué.
De grâce, Messieurs les responsables, gardez des portes ouvertes dans vos compromis, car il vous est impossible de mesurer aujourd’hui les conséquences de vos décisions.
Hilaire Herbert
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