L’année 2005 s’est terminée sur
une progression des prix
en décembre dans plusieurs pays européens, dont la France + 4, la Belgique
+4 et l’Espagne +7. Le Danemark et l’Italie sont en repli respectivement de –9
et –5, quant à l’Allemagne, après une progression de + 7 centimes en début de
mois, elle opère
un retournement de tendance impressionnant
de –14 centimes pendant les fêtes. Il faut se rappeler que l’année dernière nous
avions eu le même scénario avec –19 centimes. Les cours allemands avaient, comme
cette année, dépassé très largement les autres prix européens, avant de s’effondrer
sous la pression des abattoirs qui s’étaient couverts avant la période perturbée
de fin d’année (jours fériés à répétition). En 2004, les cours allemands s’étaient
ressaisis sur janvier. Souhaitons qu’il en soit de même cette année, pour retrouver
toute la sérénité dont la production a besoin.
Si nous prenons un peu de recul,
il est intéressant de
noter les écarts des prix payés aux producteurs dans les principaux pays européens
et leur évolution. Le mode de calcul étant identique à celui de l’année
précédente, les variations sont réelles et donc tout à fait instructives. La France
avec 1 euro /kg vif tout rond, en 2005 (1,159 cadran) a progressé de 2,7%, l’Allemagne
de 1,2%, l’Espagne de 3,8%, les Pays Bas, le Danemark et la Belgique de moins
de 1% et l’Italie a reculé de 13%. Bien que les écarts se resserrent légèrement,
l’Allemagne continue à être le pays qui paie le mieux ses producteurs, et la France
le moins bien.* (
voir note corrective à la fin du commentaire)
En ce qui concerne la rentabilité des élevages, en 2005,
la
marge brute en kg fabriqué s’est nettement améliorée par la hausse
du prix de vente mais aussi et surtout par la baisse importante des prix des matières
premières rentrant dans la composition des aliments. Il faut se rappeler qu’au
1er semestre 2004, le prix des céréales a atteint des sommets (160 euros/tonne
pour le blé en prix de base). Les premiers chiffres font ressortir une baisse
du prix de revient du kilo vif de 4 voir 5 centimes d’euros.
Pour la première fois depuis 2001, les producteurs qui dans leur majorité, avaient
nettement dégradé leur trésorerie, sont en train de se refaire, mais
il faudrait au moins une autre année comme celle-ci pour que le désendettement
soit significatif.
Si l’on s’en tient aux cotations du marché à terme d’Hanovre,
pour 2006 les perspectives sont moins optimistes que l’année dernière à la même
époque, pourtant la consommation globale est supérieure (report partiel
de la consommation de volaille ?), la production européenne stagne, les stocks
congelés sont au plus bas, le rapport euro/dollar est nettement plus favorable
qu’en janvier 2005, et à l’étranger, on ne prévoit que peu de variation dans les
évolutions de production.
Dans ces conditions,
comment ne pas dire que 2006 porte
autant d’espoir que 2005 ?.
Je l’espère sincèrement et j’en profite pour souhaiter à nos fidèles lecteurs une bonne et heureuse année
Hilaire Herbert
*
Note corrective du 10/01/2006:
Nous connaissons maintenant le bonus danois de 2005 (9 cts). Il est inférieur
de 3 centimes à la valeur provisionnée pour son évolution dans l'éconoporc. Cela
implique que dans le classement du porc payé au producteur, le Danemark rétrograde
à la dernière place.
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