En novembre, on a assisté à une
relative stabilité des
cours en Europe en dehors de l’Espagne + 8 euros vif, et de l’Italie,
-10 euros, c’est à dire l’inverse du mois précédent !
L’ensemble des prix s’est donc rééquilibré, avec toutefois toujours
un
avantage aux pays du Nord de l’Europe, + 4 à 6 centimes, sur les pays
du Sud.
Les perspectives d’évolution des prix est évidemment très
liée à l’évolution de la grippe aviaire. La consommation française
de volaille a baissé de 20%, en Italie de 50%. Si cette sous-consommation s’installe,
les besoins en viande porcine vont bien sûr augmenter ou tout du moins rester
au niveau élevé actuel. De plus, les exportations sont actuellement facilitées
par la
faiblesse relative de l’euro vis à vis du dollar
(1.17 $ pour 1€). Par contre, le positionnement à l’achat des abatteurs découpeurs
pour les promotions de début d’année freinera la tendance haussière actuelle.
Ces
données instables et contradictoires peuvent
à tout moment changer et entraîner une modification dans l’équilibre actuel.
En ce qui concerne la capacité future des principaux pays producteurs à exporter,
il est intéressant de comparer leurs atouts respectifs.
La valeur relative de la monnaie des pays est un élément fondamental.
Selon sa corrélation avec le dollar ou avec l’euro, principaux billets concurrents,
la compétitivité à l’export ne sera pas la même. Le 2ème point qui va l’amplifier,
c’est le prix de revient de production de l’animal pour l’exportation en vif et
celui du produit transformé, donc de
la compétitivité
de la chaîne de transformation du produit final.
S’il est difficile de comparer les coûts de transformation à travers le monde, nous disposons d’un certain nombre de données concernant les prix de production. Le Deutch agricultural Institute et la Rabobank les ont étudiés pour 2004 :
- La Chine 1.35 € le kg de carcasse
- USA et Canada 1.15 €
- La Hollande 1.30 € (représentatif du prix dans l’Europe des 15)
- La Pologne : 1.18 €
- Le Brésil : 0.99 €
On voit donc qu’en dehors du Brésil idéalement placé dans la compétition mondiale,
la distorsion du prix de revient entre le vieux et nouveau
continent n’est pas rédhibitoire. La protection de l’OMC est aujourd’hui
suffisante pour que l’Europe puisse espérer continuer à maintenir son niveau de
production actuel.
Certes, les 2 grands pays importateurs que sont la Russie et le Japon achètent
de plus en plus aux moins chers, et donc aux pays du continent américain, ainsi
le choix des pays excédentaires, comme le Danemark ou la Hollande va se restreindre
et ils n’auront
pas d’autres alternatives que de se retourner
vers leurs voisins européens.
Dans la mesure ou l’Europe maintiendra une opposition suffisante dans les négociations
futures de l’OMC,
la compétition future se situera d’avantage
entre les pays européens. Les résultats comptables seront à la base
de la répartition géographique de la production. La capacité de chaque pays européen
à se maintenir ou se développer dépendra de la rapidité à laquelle la restructuration
des élevages sera faite, car l’essentiel de la disparité entre les prix de revient
ne sera plus entre les pays de la vieille Europe mais tout d’abord entre les producteurs
d’un même pays.
Hilaire Herbert
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