Octobre 2005 : meilleures perspectives
européennes et grève des transports
Au moment précis où nous écrivons ce commentaire, nous sommes
totalement immergés dans le chaos le plus absolu concernant les transports
: les porcs n'arrivent pas à l'abattoir et il n'est pas possible de charger
les expéditions importantes de viande. Après deux jours de grève,
les envois de porcs vivants à l'abattoir se font au compte-gouttes et il
est permis de penser qu'il va y avoir dans les élevages une accumulation
de vif prêt à l'abattage. Il s'agit bien d'une mauvaise nouvelle.
Le vendredi 30 septembre, l'Allemagne a subi un effondrement avec une baisse de
8 centimes d'euro (due au lundi 3 férié) puis en a récupéré
2 puis 2 sur les deux semaines suivantes bien que le mal psychologique soit déjà
fait. La France a accusé le coup en baissant son cours pour remonter spectaculairement
quinze jours plus tard (5,3 centimes de plus sur la semaine dernière).
Les médias bombardent le marché avec des nouvelles catastrophistes
concernant la peste aviaire et il est évident que cette averse permanente
et désagréable finira par avoir un impact très négatif
sur la consommation de viande de volailles, détournant ainsi une partie
de sa consommation vers les produits porcins. Ceci serait une bonne nouvelle (pour
les producteurs de porcs espagnols).
Le vendredi 14 octobre, un cas de fièvre aphteuse sur des porcs a été
déclaré dans la région du Matto Grosso au Brésil;
ce fait touchera sans aucun doute très négativement les exportations
brésiliennes vers la Russie, ce qui devrait réactiver les exportations
européennes vers cette destination. Cela est une autre bonne nouvelle (pour
les producteurs de porcs espagnols).
Pour finir, le marché se comporte toujours comme le meilleur résultat
d'un cocktail de réalités et d'attentes; dans ce contexte, il semble
que le risque d'effondrement pronostiqué il y a quelques mois (pronostic
induit par l'augmentation constatable de l'offre) s'éloigne en se mettant
dans la situation d'attendre et voir" ce qui se passe de l'autre côte
des Pyrénées.
L'offre espagnole en vif est abondante, ce qui correspond à la période
de l'année; cependant, si on arrive à désengorger le marché
européen, il est permis d'imaginer que nous nous trouvons près ou
très près de la limite inférieure du cours espagnol pour
ce qui concerne 2005. Les abattoirs espagnols sont prêts à absorber
des augmentations importantes d'activité si le marché de la viande
répond positivement. Nous verrons bien!
Comme l'a dit un jour Albert Einstein: “
L'opportunité se rencontre
dans la forêt des difficultés”.

Guillem Burset
Grup Unexporc