Au mois d’août, les cours ont dans l’ensemble été haussiers (+ 5 à 8 centimes).
Seule l’Espagne est restée scotchée au même prix pendant que les cours italiens
ont littéralement explosé (+ 21 centimes en vif ! ?)
Malheureusement, depuis une semaine le MPB a, contre toute attente, entamé un
changement d’orientation avec –1,4 centimes jeudi dernier et –2,7 hier, alors
que les cours du Danemark et des Pays Bas sont en hausse cette semaine, respectivement
de 3 et 1 centimes.
La consommation est bonne, la production en tonnes, est plutôt faible, compte
tenu des croissances inférieures de l’été.
Si les abatteurs découpeurs, dans un contexte comme celui-ci, ne peuvent pas valoriser
leurs marchandises,
il faut accentuer les exportations
en vif, vers les pays où les prix sont les plus attractifs. Si les approvisionnements
dans les abattoirs se raréfient, inévitablement, la concurrence, au niveau de
la distribution, va diminuer. Il n’y a pas d’autres solutions, pour éviter ce
type de situation, surtout lorsque leurs homologues étrangers transforment une
matière première plus chère.
En cette fin de semaine les producteurs français vont se retrouver une nouvelle
fois
en queue de peloton loin derrière les
leaders habituels. Au 2/3 de l’année, le prix de vente réel cumulé de nos principaux
concurrents (Espagne, Allemagne) est supérieur au nôtre d’environ 5%. Ce que les
éleveurs ne gagnent pas dans les moments propices manquera énormément dans les
périodes difficiles.
L’équilibre futur des revenus entre les producteurs des
différents bassins de production dépendra en premier, du prix de vente pratiqué,
car tous les autres éléments qui composent le prix de revient tendront à se niveler.
Que ce soit au niveau du potentiel génétique, des matériaux de construction, des
équipements ou du matériel d’élevage, la libre circulation des produits dans toute
l’Europe, entraînera
un nivellement des coûts moyens
d’amortissement en élevage. Certes l’Espagne, et maintenant les nouveaux
pays membres profitent actuellement de prix à la construction très inférieurs
aux nôtres, mais ces récents investissements se traduiront par des charges de
remboursement supérieures par rapport aux installations plus anciennes. L’Espagne
est très compétitive au niveau des charges fixes, mais les charges variables liées
à l’alimentation sont relativement élevées. Les prix de tous les autres composants
sont d’avantage liés à l’organisation et à l’état sanitaire des élevages qu’aux
différents coûts unitaires. Ils peuvent varier considérablement d’un élevage à
un autre. Les prix des matières premières, de l’énergie, et même de la main d’œuvre
qui ne représentent que 10 à 15% du produit final, tendront à se niveler dans
les années à venir dans les différents bassins de production.
Hilaire Herbert
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