Au mois de juillet, l’Espagne, la Belgique, les Pays Bas et la France ont
perdu
entre 7 et 10 centimes. Seule l’Allemagne a résisté à la baisse (-2),
le Danemark et l’Italie ont quant à eux, augmenté de 2 à 3 centimes, mais leur
situation de départ étant défavorable, ce renversement de tendance est tout à
fait justifié.
En dehors de l’Espagne largement en tête des principaux pays européens (voir l’éconoporc),
les autres prix se sont rapprochés. La France, après avoir déclenché le mouvement
de baisse européen avec ses - 4 centimes en semaine 25 dans un marché global haussier
est
à la recherche d’un prix d’équilibre.
D’un côté le nombre d’animaux à la vente en baisse plaide en faveur des producteurs, de l’autre côté les abatteurs découpeurs sacrifient la raison au besoin pour sauver leur résultat.
Les interrogations liées au problème du marché français ont parfaitement été résumées
par le président d’Initia, Monsieur Jean-Lou Le Gall dans « Porc magazine » de
juillet. Nous allons assister, je crois, à
une mutation
importante et nécessaire dans toute la filière.
Les techniques de vente vont évoluer. Si aujourd’hui,
le principe du marché à la semaine demeure, avec la confrontation de l’offre et
de la demande, la seule méthode de fixation des prix, il présente l’inconvénient
majeur pour les producteurs, comme pour les abatteurs transformateurs, de subir,
impuissants, la variation des cours. Le marché à terme d’Hanovre* devrait, à l’avenir,
s’imposer en Europe, comme cela a été le cas aux Etats Unis avec le marché de
Chicago, car le marché à terme, de par son principe, présente
l’énorme
avantage d’offrir aux 2 parties la possibilité de choisir librement le prix d’achat
ou le prix de vente du produit. En effet, le fait de décider de fixer
son prix en fonction de tous les autres paramètres, implique une relative maîtrise
de son métier et donc une capacité à réduire tous les effets spéculatifs qui l’entourent.
Seulement, pour aborder le marché à terme, il est nécessaire de
connaître
parfaitement son prix de revient actuel et de maîtriser son évolution
future. La production porcine le permet car c’est une industrie lourde dont la
production peut être estimée, pour les 9 mois à venir, à partir des truies échographiées.
En ce qui concerne le prix de l’aliment, les contrats à terme pour les céréales ou les protéines, autorisent une prise de position aussi bien pour les éleveurs fabricants que pour tous ceux qui achètent l’aliment.
Il ne s’agit pas pour autant de fixer le prix pour l’ensemble de leur production,
mais
un pourcentage raisonnable susceptible d’orienter
leur prochain résultat financier.
Si l’on se place maintenant du côté de l’acheteur (l’abatteur transformateur),
il a lui aussi intérêt à ne pas subir de plein fouet tous les caprices du marché
et à mieux approfondir la valeur future de son produit, pour qu’il puisse éventuellement
se positionner sans prendre de risque. Les
grandes surfaces leur demandent de plus en plus de fixer les prix à l’avance,
ce qu’ils sont incapables de faire sans prendre de grands risques, s’ils n’anticipent
pas avec des couvertures équivalentes.
De plus, ces contrats effectués librement et non dans l’urgence
orientent
le marché vers « un juste prix » indispensable au bon fonctionnement
de chaque entreprise. Cependant un apprentissage est indispensable pour comprendre
et maîtriser ces outils.
Hilaire Herbert
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* NDLR: voir aussi
l'opinion
des experts publiée en ce moment.