En juin, les prix ont monté dans toute l’Europe,
sauf en Italie et au Danemark. En Espagne ils ont explosé (+ 17 centimes
équivalent carcasse). Ailleurs, la hausse a été moins importante.
Ce qui est surprenant en cette fin de mois de mois, c’est que,
malgré
la faiblesse des apports au marché breton, et un poids en baisse, les
cours ont chuté de 4 centimes, quand ailleurs ils progressent
de 3 en Allemagne, 5 au Pays Bas, 8 en Belgique et même + 1 centimes du
kilo vif en Espagne (malgré les fortes hausses précédentes).
La logique du marché voudrait que, lorsque la demande est supérieure
à l’offre, les prix montent, mais malheureusement, elle n’est
pas toujours respectée, en France en particulier, où
les
acheteurs ne sont pas habitués à ce que les producteurs leur fassent
une réelle opposition. L’export en vif leur pose problème
dans la mesure où les stocks à venir ne sont plus assurés.
C’est la raison pour laquelle
certains abatteurs
préfèrent réduire momentanément leur activité
pour limiter la tension du marché et ainsi peser sur les prix.
Cette tactique ne peut être que ponctuelle, car un outil d’abattage
avec ses charges fixes ne pourra pas multiplier très longtemps les semaines
d’activité à 4 jours.
Diminuer
artificiellement ses besoins réels pour peser sur le marché est
un jeu dangereux, car ainsi la production sera incitée à
augmenter ses ventes en vif à l’export, surtout lorsque les autres
marchés européens seront haussiers.
Le problème des marges insuffisantes de l’abattage
découpe ne se situe pas dans leur prix d’achat du porc.
On sait aujourd’hui que l’avenir de la production est menacé,
tant les situations de beaucoup d’éleveurs sont très tendues.
C’est la valorisation de leur produit qui est en cause. La guerre des
prix qu’ils se livrent vis à vis de la grande distribution et des
salaisonniers (ne les oublions pas) est uniquement due à une
absence
de stratégie collective de vente.
Certes, les caprices de la consommation compliquent bien les choses lorsque
l’on travaille des produits frais, mais
pourquoi
les abatteurs découpeurs ne s’organiseraient-il pas pour ajuster
leur besoin global en exportant collectivement les excédents de leur
marché ? Leur problème n’est en fait pas très
différent de celui des producteurs.
Un groupe aussi important soit-il, est vulnérable s’il ne possède
pas de mécanisme pour éviter l’engorgement ou tout au moins
le limiter. Lorsque l’on est à 106% d’autoproduction, que
ce soit au niveau de la France ou de l’Europe, le problème est
le même.
La moindre baisse de consommation doit
être reportée à l’export quasi simultanément.
Plus les mécanismes de ces transferts seront efficaces, plus grand sera
l’équilibre entre les différents maillons de la chaîne.
Hilaire Herbert
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