La fermeté du marché est peut-être
seulement apparente
Il semblerait que les dernières séances du Mercolleida confirment
le bon niveau du marché du porc puisque plusieurs hausses substantielles
consécutives ont été réalisées.
Le prix espagnol est en tête du panorama européen (comme d'habitude
en Juin) même si l'avance est moindre que les autres années.
La netteté de l'augmentation du prix de carcasse contraste avec l'énorme
difficulté que rencontre les abattoirs pour répercuter ces hausses
sur les prix de vente tant et si bien que les bilans hebdomadaires des abattoirs
et des salles de découpe font apparaître des pertes sévères.
Paradoxalement pour cette époque de l'année, la vente de viande
se situe sous les minimas et, en pleine saison, les stocks augmentent contre la
volonté de l'abattoir. Cela est vraiment très préoccupant.
Les abattoirs ont été contraints de programmer de substantielles
réductions d'activité ce qui empêchera que le prix de carcasse
monte plus.
En France, la situation est comparable: les marges des abattoirs sont négatives
et cela s'est traduit par le fait que quatre abattoirs considérés
comme les plus gros (TGA = Trés Grands Abattoirs) n'abattent que quatre jours
cette semaine, ce qui est un fait historique sans précédents. Dans
ce pays, on observe une diminution nette de l'offre de bétail à
l'abattage (ce qui n'est pas le cas de l'Espagne malgré notre cours actuel).
Malheureusement, la consommation n'arrête pas de décrocher (tant
en Espagne que dans le reste des pays les plus significatifs de l'UE) et les exportations
européennes vers les pays tiers sont complètement enlisées.
Si ce scénario ne change pas, nous craignons beaucoup que le futur proche
sur tout le territoire européen ne nous procure pas beaucoup de réjouissances.
Nous croyons que le marché européen est submergé par l'offre
de viande porcine; à cause de cela, et malgré les apparences actuelles,
nous pensons qu'au cours du second semestre les cours vont souffrir (dans tout
l'espace européen) d'une coupe drastique. Nous ne voulons pas être
de mauvaise augure mais nous le voyons ainsi.
Que cela nous plaise ou pas, nous produisons dans l'UE 105-106% de notre capacité
de consommation et la saturation apparaît dès que les flux d'exportation
vers les pays tiers s'interrompent. Si, en plus, la consommation interne fléchit,
alors ce n'est pas peu dire que de parler de sursaturation.
Tout ce qui brille n'est pas de l'or!
Guillem Burset
Grup Unexporc