Commentaire 24-mai-2005
Guillem Burset
24-Mai-2005 (il y a 20 ans 10 mois 8 jours)
Un petit vent d'optimisme
Comme les autres années, la seconde quinzaine de Mai se présente
avec des augmentations du cours du porc en vif.
Comme cela devient traditionnel maintenant, le prix espagnol commence son escalade
progressive par rapport au reste des marchés européens. Au cours
des exercices précédents, on a pu vérifier que le cours espagnol,
pendant cette période, peut se situer jusqu'à 18 centimes au-dessus
de son équivalent français; nous allons voir ce qui va arriver cette
année.
Dans la journée du 18 Mai, le cours du cadran à Plérin (l'équivalent
de notre Mercolleida) a été fixé à 1,141 €/kg de carcasse.
A ce prix officiel, il faut ajouter quelques15 centimes en plus - en moyenne-
pour la "prime à la qualité" liée au taux de maigre.
Le prix perçu par l'éleveur (1,14 + 0,15 =1,29) correspond ainsi,
grosso modo, à 0,98€/kilo vif.
Un opérateur français réputé commentait que, si on
avait demandé en janvier un pronostic aux leaders d'opinion de la filière,
probablement 90 % aurait eu tendance à annoncer un prix du cadran dans
une fourchette entre 1,25 € - les pessimistes endémiques - et 1,45 €/kg
de carcasse - les plus optimistes, ce qui montre bien combien beaucoup d'opinions
étaient fausses.
La faiblesse de la demande de viande, tant espagnole que communautaire, semble
bien être le motif principal de ce manque de concrétisation de prix
plus rémunérateurs; mars et Avril ont été longs et
décevants.
Les abattoirs (véhicules et filtres de l'offre vers le consommateur) expriment
leur inquiétude de ne pas pouvoir répercuter les dernières
hausses de leur matière première. En outre, l'existence de pièces
de découpe congelées ne les invite pas à l'optimisme.
La France comme l'Allemagne fléchissent habituellement à la mi-juin
avec la dispersion simultanée des consommateurs. Nous pensons que ces deux
marchés ne présentent pas de possibilités sérieuses
de hausse. En Espagne, en raison de l'époque de l'année, il y a
une certaine possibilité d'augmentation, cependant limitée et sans
perdre de vue les marchés qui donnent le ton en Europe.
Parmi les facteurs qui permettent à l'Espagne de se démarquer au-dessus
de la moyenne européenne à cette époque de l'année,
on trouve: la saisonnalité de notre demande touristique, l'arrivée
des premières chaleurs et un facteur psychologique "ce qui est pris
est pris".
Espérons que l'été soit profitable et que la filière
puisse bénéficier des opportunités qu'il apporte.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Guillem Burset
Grup Unexporc