Depuis 5 ans les mois d’avril ne sont pas très bons,
celui de 2005 n’a pas dérogé à la règle. La chute a même été particulièrement
importante au Danemark et en Belgique (-10 centimes) et surtout en Italie (-
17 centimes équivalent carcasse), la France, les Pays Bas et l’Espagne sont
dans une fourchette de – 6 à – 8 centimes). L’Allemagne a été le premier pays
à réagir dès le 21 avril avec + 2 centimes et surtout + 7 centimes le 29.
Mais t
outes ces variations n’ont pas contribué à équilibrer
les prix européens. Après examen de l’Econoporc, on a constaté que
l’
Allemagne est toujours leader devant l’Espagne,
les Pays-Bas et le Danemark.
La France et l’Italie
sont nettement décrochées.
Pour la France le malaise est tel que le président du marché breton a adressé
un courrier au président de la Fédération des acheteurs au cadran, pour
dénoncer
le comportement de certains d’entre eux. Le 25 avril, alors que le
prix français était inférieur à l’ensemble des prix européens, il a été demandé
par certains acheteurs un prix de retrait proche de 2 centimes alors que l’on
annonçait une forte hausse en Allemagne.
Monsieur Gilles Laudren, directeur de la Chambre Régionale d’Agriculture en
Bretagne depuis 20 ans, dénonce dans une interview accordée à
Porc-Magazine: « dans les systèmes coopératifs, les stratégies d’abattoir, donc
de leur direction, ne s’harmonisent pas avec celles des producteurs incapables
d’affirmer leur pouvoir dans les périodes de crises…C’est très inquiétant, car
depuis trois ou cinq ans, nous sommes en perte réelle de compétitivité notamment
au niveau de l’abattage découpe et qu’au final ce sont les producteurs qui paient
l’addition. »
Que Monsieur Laudren, l’un des principaux artisans de la modernité et du développement
de la production porcine en Bretagne, tienne de tels propos au moment même de
son départ en retraite, traduit le
malaise profond
de notre profession.
Il est bien évident qu’
une prise de conscience collective
est indispensable pour faire face à ce problème.
En ce qui concerne l’évolution probable du marché, le redressement actuel commencé
en Allemagne est sans doute
le signal d’une remontée
significative des cours durant le mois de mai. Celle-ci est attendue
compte tenu de l’augmentation saisonnière de la consommation, conjuguée à une
moindre production constatée chaque année à la même époque.
Hilaire Herbert
Vous pouvez réagir à ce commentaire et aux comparaisons des prix payés à
l'éleveur sur le forum de