Dans l'attente d'un été chaud
Les cours européens semblent être plongés dans un marasme
d'incertitude qui a conduit à des répétitions successives.
Malgré cela et singulièrement, soulignons que le cours allemand
a baissé de 6 centimes le lundi 28 février pour augmenter d'autant
le jeudi 03 Mars; voilà bien un signe de désaccord et d'indétermination.
Les marchés ne sont pas sûrs, la consommation paraît faible
- ou du moins incertaine - et les abattages européens continuent à
un bon rythme. On ne parvient pas à écouler sur le marché
la totalité de la viande produite et les stocks augmentent, plus particulièrement
les produits gras et semi-gras.
Les faits sont têtus et il semble que nous allons vivre une période
de légers réajustements à la baisse car l'offre est encore
forte et la demande ne "décolle" pas. Nous croyons fermement
que d'ici la fin mai les cours dépasseront ceux d'aujourd'hui mais nous
ne sommes qu'en mars. On peut craindre que le "statu quo" actuel devra
céder quelque chose d'ici le mois de mai.
Les deux morceaux de découpe principaux du porc, l'échine et le
jambon, sont difficiles à commercialiser dans l’ensemble de l’U.E:
le jambon sec se vend avec beaucoup de difficultés et les
échines danoises inondent l'Europe devant la concurrence imbattable des
USA sur les marchés orientaux (les USA peuvent livrer de la viande fraîche
au Japon - après une semaine de transport tandis que l'Europe peut seulement
espérer livrer de la viande congelée qu'après quatre semaines
de transport).
Lentement mais sûrement, le marché japonais est "envahi"
par la viande de porc américaine (USA et Canada) au détriment de
l'Europe.
La faiblesse du dollar et les récoltes abondantes de l'année précédente
ont permis que les prix de l'aliment soient très abordables; le prix du
vif est maintenu à un niveau correct et le pouvoir d'achat des éleveurs
se récupère à vue d’œil. Ce ne serait peut-être
pas une mauvaise idée d'essayer de protéger l'actuelle situation
du marché, en déclarant irresponsable toute initiative radicale
de changements soudains.
L'année continue à se présenter favorablement concernant
les intérêts des éleveurs.
« On ne peut pas perdre en un marché ce qui a été
obtenu en cent séances »

Guillem Burset
Grup Unexporc