Après l’effondrement des cours en janvier, amplifié en France par la grève des
préposés vétérinaires
(*), depuis 3 semaines la
très forte
reprise a ramené globalement les prix aux valeurs précédentes de la
fin 2004.
La France et l’Espagne ont fait un peu mieux que leurs voisins et rattrapent ainsi
leur retard, sans toutefois rejoindre l’
Allemagne qui
joue toujours son rôle de locomotive.
La situation actuelle en France est complexe, car la conjoncture européenne et
même mondiale tend à débrider notre marché par
des exportations
facilitées et une production en baisse.
Dans le même temps,
la consommation intérieure ne permet
pas de dynamiser le marché des abatteurs découpeurs. Ces derniers,
du fait du manque d’organisation de leur secteur face à la distribution, souffrent
financièrement d’une concurrence que certains qualifient de suicidaire.
Quand les différents responsables du secteur se réuniront-ils autour d’une table
pour
définir un cadre de travail adapté à la situation
? Comment pourraient-ils maintenir des marges acceptables, nécessaires
à la pérennité de leur entreprise, sans aucun garde-fou ?
(*)A propos des grèves des préposés vétérinaires:
Comment la filière peut-elle subir ces grèves à répétition
sans réagir ? Quelques personnes dont le revenu, ramené au temps de
travail, et au niveau de compétence, ferait pâlir d’envie n’importe quel salarié
de la filière, ont le pouvoir, sans aucun risque et scrupule, de désorganiser
totalement une production.
Ainsi les porcs non abattus restent dans les élevages. Ils sont remplacés sur
le marché par des animaux venus d’ailleurs! En plus du manque à gagner sur les
chaînes d’abattage, les producteurs subissent une double
perte, celle liée à la détérioration du sanitaire par des reports successifs
(durée de vide sanitaire non respectée…) et celle due à la pression anormalement
élevée exercée sur les cours du fait de ces stocks sur pied complémentaires.
Si, à l’occasion d’une nouvelle
grève, certains producteurs emmenaient leurs animaux en report, dans quelques
préfectures ou autres lieux publics, avec force médias, pour dénoncer les dérives
et la perversion de notre système, je pense que les préposés concernés auraient
bien du mal à maintenir leurs revendications.
Hilaire Herbert
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