Depuis plusieurs semaines,
le
nombre de porcs abattus dans toute l’Europe est très élevé,
les
stocks sont inexistants et les perspectives du besoin par rapport à
l’offre stimulent le marché. Ainsi la France a
augmenté
de 10% en 3 semaines, les autres pays suivent cette hausse en décalé
dans des proportions plus ou moins fortes. Les Pays Bas ont repris 8 centimes,
l’Espagne 8 centimes (6 en vif), l’Allemagne et la Belgique 6 centimes. Seul le
Danemark n’a pas suivi. (à noter que le prix d’acompte pour 2004 au Danemark
est légèrement supérieur à 9 centimes d’euro, ce qui correspond à la valeur prise
en compte dans l’éconoporc).
La situation en cette fin d’année dans l’éconoporc montre un
avantage
annuel pour l’Allemagne. Les Pays bas, la Belgique, l’Espagne et le
Danemark suivent à environ 4%, la France est en dernière position.
Si l’on compare l’évolution des prix en 2004,
les
pays du Nord de l’Europe (Allemagne, Pays Bas, Danemark et Belgique) ont eu un
prix moyen supérieur de 12 à 14% à celui de 2003, alors que la France et l’Espagne
n’ont progressé que d’environ 7%. Cette observation montre que les
besoins des nouveaux membres de l’Europe ont profité plus aux uns qu’autres autres.
Si la France et l’Espagne veulent profiter de ces opportunités, il est nécessaire
qu’ils soient
davantage présents
là où le porc est le mieux payé, quitte à ce que les producteurs eux-mêmes
prennent en charge une partie des pénalités liées au coût du transport pour les
exportations en vif.
La prise en compte de ce problème est d’une
extrême
importance. Les pays les moins réactifs subiront une forte pression
sur les prix intérieurs et la compétitivité de leurs producteurs sera rapidement
mise à mal.
Depuis 2 ans surtout, la production française engluée dans ses CCP, n’a pas su
s’organiser pour limiter la pression permanente des abatteurs distributeurs. Elle
le paie aujourd’hui très cher. Le centre d’économie rurale de Bretagne a publié
ses chiffres sur la situation économique des exploitations porcines, le 22/10/2004.
Il apparaît que
la situation financière
de 20 à 25% des éleveurs est difficile, voir impossible à redresser.
L’année 2005 va être décisive pour beaucoup d’entre eux.
La situation actuelle en Europe et dans le monde laisse
espérer
un niveau de marché relativement élevé en 2005.
Je le souhaite de tout cœur à tous les producteurs et particulièrement à tous ceux qui ont le plus soufferts.
Hilaire Herbert
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