Depuis le début du mois on constate
des mouvements
de cours inversés selon que l’on se situe en Europe du Nord, en hausse
par les besoins de nouveaux pays membres, ou au Sud, en baisse par la pression
des distributeurs.
L’Allemagne + 7 centimes, le Danemark + 3 centimes et les Pays-Bas + 2 .
La France et l’Italie – 8 centimes et l’Espagne – 5.
Ces mouvements de marché ont rééquilibré les prix entre l’Allemagne, l’Espagne,
l’Italie et le marché export des Pays Bas.
La France
et le Danemark se situent loin derrière entre 10 et 15% en dessous, soit environ
15 euros/porc !....
Lorsque l’on interroge les responsables du MPB,
ces
distorsions seraient dues au déséquilibre offre demande. Une baisse
de production n’implique pas forcement une tension sur les cours si la demande
n’est pas au rendez-vous. Le marché d’hier par exemple aurait pu baisser malgré
le décalage de prix initial, si les vendeurs n ‘avaient pas pris l’initiative
de sortir 5000 porcs du marché (besoin de 55000 porcs sur 60000 présentés).
Il apparaît donc comme urgent de s’organiser pour sortir
ces animaux en excédent de notre marché national. Actuellement, l’inertie
est trop grande et les acheteurs se trouvent le plus souvent en position favorable,
ainsi le marché est asphyxié et ne peut fonctionner normalement.
Les abatteurs découpeurs quant à eux, utilisent cette faiblesse pour mieux se
placer vis à vis de leurs clients, lesquels sont conscients de leur position
dominante tant que le marché national sera en mesure de les alimenter ainsi.
Ce qui est surprenant, c’est que les stratèges de ces
grands groupes ne s’interrogent pas davantage sur les déséquilibres qu’ils provoquent.
Certes, ils pourront toujours s’approvisionner ailleurs, mais cette vision à
court terme risque fort de faire augmenter le prix moyen futur. Le
volume produit sera obligatoirement diminué par le départ de tous les éleveurs dont le prix de revient n'est plus compatible avec le prix du marché, car les dettes ne sont pas extensibles. Le déficit des « disparus »sera reporté indirectement sur les producteurs restants ce qui contribuera à limiter notre compétitivité. La rareté d’un produit
crée toujours l’amplification des prix (voir le prix d’un porc anglais).
D’autre part, dans ce contexte,les compléments devront être importés de nos pays
voisins. Ils ne seront plus des appoints, mais des flux réguliers qu’il faudra payer
à leur prix de marché, transport compris, quelle que soit la conjoncture.
Hilaire HERBERT
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