Présentation de l'élevage et demande de l'éleveur
Description générale de l'élevage

- Elevage
naisseur-engraisseur de 300 truies, situé
en Bretagne dans une zone à forte densité porcine (3 élevages
voisins situés à 350, 400 et 800 m).
-
Conduite en 7 bandes toutes les 3 semaines
(32 truies/bande).
-
Sevrage 28 jours
- Achat des doses d'insémination.
- Achat de cochettes certifiées indemnes d'Aujeszky, SDRP et
Actinobacillus
pleuropneumoniae (B1 S2, 9 et 11).
Les cochettes sont placées en
quarantaine sur
paille à l'arrivée pour une durée de 6 semaines
(la quarantaine est située dans l'élevage).
Plan de l'élevage
Statut
sanitaire
| Aujeszky |
indemne |
| SDRP |
positif
|
| Actinobacillus
pleuropneumoniae |
positif
(B1S2) |
| Streptococcus
suis |
positif |
| Rhinite |
positif |
| Mycoplasma hyopneumoniae
|
positif |
Prophylaxies effectuées
| SDRP |
Aucune |
| Mycoplasma hyopneumoniae |
Vaccin monodose à
28 jours d'âge |
| Actinobacillus
pleuropneumoniae |
Vaccination des issus
à 7 et 10 semaines d'âge |
Autres vaccins effectués sur les reproducteurs : rhinite, colibacillose
et clostridiose.
Demande de l'éleveur
L'élevage connaît régulièrement
des relances virales (probablement dues au SDRP d'après l’éleveur)
tous les 3 à 6 mois avec apparition de symptômes importants.
L'éleveur souhaiterait
avoir un bilan vis-à-vis
du SDRP sur l'élevage et connaître les mesures à
prendre pour prévenir les relances virales.
Recueil des commémoratifs et visite de l'élevage
Symptômes observés par l'éleveur
| Reproducteurs |
Avortements (en général 4 à 5 sur 2 à 3
bandes à suivre)
Mises-bas précoces (vers 112 jours)
Petites portées (< ou = 8)
Baisse de fertilité
|
| Porcelets
en maternité |
Augmentation des mort-nés
Augmentation du nombre de porcelets chétifs et des splay-legs
Diarrhées néonatales
Mortalité élevée sous la mère
|
| Porcelets
en PS et en engraissement |
Toux et coups de flanc vers 50 jours d'âge
Fièvre et baisse importante d'appétit
Nécroses d'oreilles
Retards de croissance
|
Résultats techniques
Les résultats techniques sur les 6 premiers mois de l'année 2004
sont présentés dans le tableau ci-dessous :
| Portées |
|
| Nombre de nés totaux
par portée |
14,9 |
| Nombre de nés vivants
par portée |
13,4 |
| Nombre de mort-nés
par portée |
1,5 |
| Nombre de momifiés
par portée |
0,08 |
| Nombre de sevrés par
portée |
10 |
| Poids au sevrage (28
j) |
7,9 kg |
| %
de pertes sur nés vivants |
25,60% |
| Reproduction |
|
| Intervalle
sevrage-1er oestrus |
5,2 |
| Intervalle sevrage-saillie
fécondante |
11,9 |
Visite de l'élevage
Nous décidons, lors de la visite, d'effectuer un bilan sérologique
SDRP sur les truies et les cochettes à différents stades, afin de
confirmer le diagnostic clinique.
Nous optons également pour la réalisation d'un bilan de circulation
du SDRP sur le naissage et sur le PS-Engraissement afin de connaître la
situation de l'élevage vis-à-vis du SDRP.
1) Bilan sérologique
Prélèvements de sang sur :
- 7 truies à problèmes (avortements, mises-bas précoces,
…),
- 9 truies n'ayant pas eu de signes cliniques,
- 4 cochettes en gestation,
- 4 primipares en maternité.
2) Bilan de la circulation virale
· Naissage
Prélèvements de sang sur 22 porcelets au sevrage (1 porcelet par
portée)
· PS-Engraissement
- Des analyses antérieures (datant de moins de 3 mois) réalisées
en fin de PS montrent qu'il y a déjà des animaux positifs et que
donc le virus circule en post-sevrage.
- Le PS-Engraissement est donc actif.
Résultats des analyses et plan de contrôle mis en placeRésultats des analyses et commentaires
1) Bilan sérologique
| Signes
cliniques |
Rang
de portée |
SDRP
IDEXX |
| Avortement |
2 |
0,9
(+) |
| Vide à l'écho |
2 |
1,73
(+) |
| Mise-bas précoce |
2 |
0,67
(+) |
| Mise-bas précoce |
2 |
1,09
(+) |
| Mise-bas précoce |
2 |
1,22
(+) |
| Vide à l'écho |
2 |
1,86
(+) |
| Porcelets chétifs
à la mise-bas |
3 |
0,67
(+) |
| Absence de symptôme |
0
(cochette en gestation) |
0
(-) |
| Absence de symptôme |
0
(cochette en gestation) |
0,05
(-) |
| Absence de symptôme |
0
(cochette en gestation) |
0
(-) |
| Absence de symptôme |
0
(cochette en gestation) |
0
(-) |
| Absence de symptôme |
1
(primipare en maternité) |
0,07
(-) |
| Absence de symptôme |
1
(primipare en maternité) |
0,04
(-) |
| Absence de symptôme |
1
(primipare en maternité) |
0
(-) |
| Absence de symptôme |
1
(primipare en maternité) |
0,05
(-) |
| Absence de symptôme |
2 |
1,96
(+) |
| Absence de symptôme |
3 |
0,94
(+) |
| Absence de symptôme |
4 |
2,22
(+) |
| Absence de symptôme |
4 |
0,52
(+) |
| Absence de symptôme |
4 |
0,56
(+) |
| Absence de symptôme |
5 |
0,63
(+) |
| Absence de symptôme |
5 |
0,27
(-) |
| Absence de symptôme |
6 |
0,24
(-) |
| Absence de symptôme |
8 |
0,41
(-) |
Commentaires
La contamination des jeunes reproducteurs est très tardive car
toutes les cochettes et les truies de rang 1 sont négatives.
Contamination importante après la deuxième
mise-bas car toutes les truies de rang 2 sont positives et la plupart
d'entre elles présentent des symptômes.
Bilan
Les niveaux sérologiques sont très hétérogènes,
on peut donc parler de
situation à risque.
La plupart des séroconversions sont observées sur des truies de
rang 2 et 3, ce qui correspond bien aux rangs les plus touchés cliniquement.
2) Bilan de la circulation virale (janvier
2005)
| Naissage
|
PS
– Engraissement |
| PCR
sur des pools de 3 sérums
1 pool +/10
Naissage instable |
Analyses
sérologiques positives en fin de post-sevrage.
PS – Engraissement actif |
Conclusion : L'élevage
est donc instable et actif, il est fortement probable que les symptômes
soient en effet liés au SDRP et nous décidons donc de mettre en
place un
plan de contrôle reposant sur la vaccination.
Plan de contrôle mis en place
Plan de vaccination
Vaccination de masse de tous les reproducteurs avec
le vaccin vivant atténué.
| Primo-vaccination |
J
0 |
| 1er
rappel |
J 0 + 1
mois |
| 2ème
rappel |
J 0 + 4
mois |
| 3ème
rappel |
J 0 + 10
mois |
Vaccination des porcelets au sevrage
(1 injection).
Quarantaine
La durée de quarantaine est doublée
(12 semaines) et
les cochettes sont vaccinées
2 fois à 1 mois d'intervalle (dès l'arrivée).
Un bilan viral est prévu entre le 2ème et le 3ème rappel
ainsi qu'une
étude de l'évolution des résultats
après 1 an de vaccination (temps estimé pour obtenir une stabilisation
du cheptel).
Etude de stabilité
L'étude de stabilité doit permettre de
dresser
un bilan de la stabilisation de l'élevage vis-à-vis du SDRP et
donc d'apprécier l'efficacité du plan de lutte mis en place.
Cette étude est réalisée à partir de juillet 2005,
c’est à dire 5 mois après la mise en place du vaccin.
1) Stabilité du naissage
L'étude se fait en
3 étapes
réalisées successivement.
| |
Etape
1 |
Etape
2 |
Etape
3 |
| Objectif |
Etude
de la transmission virale mère-porcelets en maternité |
Etude
de la transmission virale au sein du cheptel truies. |
Etude
de la présence de truies porteuses |
| Prélèvements |
30
prises de sang de porcelets au sevrage (1 par portée) |
Suivi
sérologique de 2 cochettes sentinelles (non vaccinées SDRP) 1 fois tous
les 15 jours pendant 2 mois. |
Amygdales,
nœuds lymphatiques de truies de réforme à l'abattoir. |
| Analyses
de laboratoire |
PCR
(par pools de 3) |
Sérologie
ELISA IDEXX |
PCR |
| Résultats |
10
pools négatifs |
8
analyses négatives |
8
truies et 1 verrat contrôlés.
Résultats négatifs |
Conclusion : on peut considérer
qu'
il n'y a plus de circulation virale au niveau du naissage
et que
celui-ci est stable vis-à-vis du SDRP.
|
|
Prélèvement
sur les porcelets |
Amygdales
de truies |
2) Situation en PS - Engraissement
Un suivi sérologique a été réalisé sur 10 animaux
identifiés d'une bande non vaccinée.
Résultats
Age
des animaux |
Résultats |
6
semaines |
6
positifs /10 |
8
semaines |
2
positifs/10 |
10
semaines |
0
positif/10 |
14
semaines |
0
positif/10 |
18
semaines |
0
positif/10 |
21
semaines |
0
positif/10 |
25
semaines |
0
positif/10 |
Conclusion : Absence
de circulation virale dans le PS/E (inactif)
3) Evolution des résultats après
1 an de vaccination
Résultas GTTT (novembre 2005 à février 2006) :
| Portées |
|
| Nombre de nés totaux
par portée |
14,5 |
| Nombre de nés vivants
par portée |
13 |
| Nombre de mort-nés
par portée |
1,4 |
| Nombre de momifiés
par portée |
0,21 |
| Nombre de sevrés par
portée |
10,5 |
| Poids au sevrage (28
j) |
8 kg |
| %
de pertes sur nés vivants |
19,5 % |
| Reproduction |
|
| Intervalle
sevrage-1er oestrus |
5,9 |
| Intervalle sevrage-saillie
fécondante |
12,9 |
On note une
réduction des pertes sous la mère
ainsi qu’une
augmentation des sevrés
malgré des problèmes de clostridiose à
Clostridium perfringens
de type C survenus sur 1 bande entre novembre 2005 et février 2006.
Commentaires
1. Le diagnostic de stabilité
Contrôler le niveau de stabilité d'un élevage, c'est déterminer
le niveau de circulation virale, c'est-à-dire la transmission du virus
SDRP d'un animal à un autre.
Le diagnostic de stabilité du naissage repose
sur l'étude de la transmission virale entre deux truies ou
d'une truie à ses porcelets. Si les 2 premières étapes
sont négatives, il est important d'étudier le portage viral par
les truies afin d'évaluer le risque potentiel de recirculation virale
(dans le cas où l'on arrêterait la vaccination).
En PS - Engraissement, on parle de situation active ou inactive.
2. Les outils de laboratoire
Il existe
deux tests principaux de détection du
SDRP qui sont la sérologie et la PCR. Le choix de l'une ou de
l'autre se fait en fonction de :
* de l'objectif :
connaître le statut de l'élevage (indemne ou contaminé)
connaître la stabilité de l'élevage vis-à-vis du
SDRP (le virus circule t-il ?)
savoir si les signes cliniques rencontrés sont attribuables au SDRP.
* du statut vaccinal de l'élevage
: l'éleveur vaccine t-il les truies, les porcelets ? Avec
quel vaccin (inactivé ou vivant atténué) ?
La vaccination induit la production d'anticorps (surtout avec le vaccin vivant
atténué) et il est parfois nécessaire de recourir à
l'étude d'animaux sentinelles (non vaccinés).
3. Le protocole vaccinal
La vaccination de masse du cheptel reproducteur était, je pense, nécessaire
dans ce cas pour
écraser très vite la pression
d'infection (et il faut tout de même environ 6 mois avant de
retrouver une certaine stabilité).
On a observé
quelques avortements à la
première injection vaccinale. Ce genre de trouble est possible
mais c'est un moindre mal en comparaison des symptômes engendrés
par le SDRP.
La vaccination bande à bande peut être utilisée
dans un troupeau où le virus circule peu et présente
l'avantage de pouvoir être réalisée en maternité, donc
de réduire le risque de choc vaccinal.