Facteurs non infectieux

La diarrhée est un problème fréquent au sevrage car beaucoup
de facteurs prédisposant coïncident parmi lesquels on retrouve
l'arrêt de l'apport de lait, les changements au niveau de l'intestin et
le stress engendré par le sevrage, les déplacements,
les mélanges, les logement, etc.
Un autre facteur est le
passage brutal à une alimentation
solide, qui doit très être spécialisée et
adaptée à la physiologie digestive du porcelet. Les sevrages précoces
sont, en eux-mêmes, un facteur de risque important parce que le porcelet
sevré à quelques jours d'âge doit
s'adapter
rapidement à des conditions qui sont en grande partie antiphysiologiques
et qui, par conséquent, supposent une augmentation très importante
du stress.
Les conditions de conduite d'élevage en lactation
influencent largement l'adaptation du porcelet au sevrage. La consommation d'aliment
est particulièrement importante non pas tant par l'apport nutritif qu'elle
donne au porcelet mais parce qu'elle contribue à la
maturité du système enzymatique digestif qui va mieux
lui permettre de s'adapter à l'aliment du sevrage.
La diarrhée au sevrage peut provenir de
l'alimentation,
qui doit être adaptée en fonction de l'âge du porcelet, particulièrement
lors de sevrages très précoces.
Agents infectieux
Les agents infectieux pouvant intervenir dans l'étiologie de la diarrhée
au sevrage sont très nombreux.
Les changements intervenant sur la physiologie digestive du porcelet font qu'à
ce stade, peuvent agir tant des agents affectant principalement
l'intestin
grêle que d'autres exerçant leur action pathogène
principalement sur le g
ros intestin.
Agents impliqués :
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- Escherichia
coli,
- Salmonelles,
- Diarrhée à spirochètes : Brachyspira pilisicoli
- Dysenterie : Brachyspira hyodysenteriae
- Entéropathie proliférative : Lawsonia intracellularis
- Clostridium perfringens type A
- Rotavirus
- Virus de la diarrhée épidémique porcine
- Cryptosporidose
- Nématodes : Trichuris suis
- Autres : Campylobacter coli, Yersinia enterocolitica |
Certains de ces agents, comme
E. coli et
Cl. perfringens type
A sont présents dans tous les élevages et agissent comme des
pathogènes
opportunistes quand on leur offre les conditions adéquates.
D'autres, comme
Lawsonia intracellularis, ont une
prévalence
très importante et peuvent causer plus ou moins de problèmes
dépendant des caractéristiques de l'élevage.
Par contre il y a des agents comme
B. hyodysenteriae et
B. pilosicoli,
dont beaucoup d'élevages sont indemnes et par conséquent que l'on
peut écarter dans ces élevages.
A cet âge,
E. coli
est encore l'agent le plus fréquemment impliqué, mais
chacun de ces autres agents peuvent aussi intervenir seuls ou réunis par
deux ou plus.
Diagnostic
Au moment d'aborder le diagnostic il est
pratiquement
toujours nécessaire de recourir au laboratoire puisque l'épidémiologie
et les tableaux cliniques et lésionnels ne sont généralement
pas suffisamment significatifs pour permettre un diagnostic exclusivement clinique.
D'autre part, l'aliment médicamenteux comme les conditions d'alimentation,
le logement, la densité, etc. peuvent moduler dans une bonne mesure les
tableaux cliniques et contribuer à rendre plus difficile le diagnostic
en élevage.

Cependant,
il est indispensable de
centrer le problème avec
les données de terrain afin que le laboratoire puisse faire
le diagnostic de la manière la plus économique et la plus efficace
possible.
Connaissance indispensable de la clinique
Parmi les données de terrain,
les signes cliniques
peuvent être semblables dans beaucoup de cas. Pour la colibacillose
et la salmonellose, ces données passent de formes aiguës avec des
fèces complètement liquides jusqu'à des formes de diarrhée
pâteuse.

La
clostridiose présente généralement une diarrhée pâteuse,
semblable à celle de l'iléite ou à celle de la spirochétose.
Même dans la dysenterie, on peut voir un tableau clinique évident
avec du sang dans les fèces ou n’apercevoir seulement qu’un
ramollissement de ces dernières.
Parmi les diarrhées virales, les rotavirus sur les porcelets sevrés
provoquent seulement une diarrhée transitoire et bénigne. Lorsque
le virus de la diarrhée épidémique porcine affecte les porcelets
sevrés d'un élevage non immunisé, il peut provoquer des formes
de diarrhée aqueuse qui s'étend rapidement à tous ou presque
tous les animaux en causant des mortalités très importantes.
Importance des lésions
Localisation des lésions
La combinaison de l'observation du tableau clinique et du tableau lésionnel
permet
une meilleure orientation.
E. coli
et le virus de la DEP seuls affectent l'intestin grêle.
B. hyodysenteriae
et
B. pilosicoli seuls causent des lésions dans le gros intestin,
Lawsonia intracellularis est à l'origine de lésions principalement
dans l'iléon, mais aussi dans le gros intestin et la salmonellose peut
provoquer des lésions dans l'intestin grêle et le gros intestin.
Type
de lésions
Outre la localisation, le type de lésions permet aussi l’orientation
du diagnostic dans quelques cas. L'entérite due à
E. coli
est très différente de l’amincissement de la paroi due au
virus de la DEP ou de l’épaississement de la muqueuse de l'iléon
qui apparaît dans l'iléite.
Une fois le diagnostic orienté sur le terrain, le laboratoire peut appliquer
diverses techniques selon l'agent ou les agents que l'on souhaite chercher. Il
est très important de faire un diagnostic complet.
Ce diagnostic précis n'essaye pas de rechercher la présence de tous
les agents qui pourraient être impliqués, mais
doit
être centré sur ceux compatibles avec le tableau clinique et lésionnel
observé à l'élevage. La présence d'infections
mixtes non diagnostiquées peut faire échouer les mesures de contrôle