Stan Done. Veterinary Laboratories Agency (Royaume-Uni)
01-Oct-2004 (il y a 21 ans 6 mois)
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| Porcs touchés
par la M.A.P. |
Aujourd'hui, les maladies les plus importantes touchant la production porcine
au niveau mondial sont celles associées au PCV2 (Circovirus Porcin type
2) et au SDRP (Syndrome Dysgénésique Respiratoire Porcin).
Les deux maladies sont intimement liées avec le Complexe Respiratoire Porcin
(CRP) qui est probablement le syndrome le plus important touchant les porcs; ainsi,
plus de 70 % des diagnostics de laboratoire correspondent
à des troubles alimentaires ou respiratoires.
Symptomatologie
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| Région
périnéale d'un porc atteint de syndrome Dermatite-Néphropathie
(forme aiguë, hémorragique, semblable à la PPC) |
Au niveau clinique, les animaux peuvent présenter des signes respiratoires
(dyspnée ou toux), ils peuvent aussi être amaigris ou avoir des lésions
cutanées évidentes ou bien avoir une mortalité subite ou
encore présenter, au sens large, des troubles de la reproduction.
Il y a plusieurs années, nous avons étudié les causes potentielles
de la M.A.P. et nous avons découvert qu'il y avait
au
moins 25 facteurs possibles pouvant être impliqués: virus,
bactéries, environnement, conduite d'élevage, croissance...Aucun
d'entre eux n'est spécifique et le PCV2 est seulement un de plus parmi
ceux pouvant être impliqués.
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| Porc en
position dorsale avec hypertrophie des nodules lymphatiques inguinaux. |
Le diagnostic clinique peut être plus évident s'il y a une
hypertrophie
des ganglions lymphatiques inguinaux superficiels que l'on sent bien
par palpation du porc couché sur le dos; les ganglions superficiels de
la tête et du cou peuvent parfois être palpables.
Dans les cas de M.A.P., de S.D.N.(Syndrome Dermatite-Néphropathie) ,
de C.R.P. (Complexe Respiratoire Porcin), de pneumonie proliférative
nécrosante porcine, mais peut-être aussi de myocardites et évidemment
de troubles de la reproduction, l'implication du PCV dans l'origine des symptômes
cliniques ne peut être démontrée que si l'agent est présent.
Le rôle du PCV2 n'a été confirmé
que dans les 4 premiers syndromes ci-dessus.
Diagnostic de laboratoire
On n'a jamais décrit un cas de M.A.P. où il n'y ait pas de mise
en évidence de la présence de PCV2. C'est l'évidence même
puisqu'on observe que
la majorité des porcs
sont porteurs de PCV2, mais seul un pourcentage variable est affecté
par la M.A.P. et une proportion moindre le S.D.N., la myocardite ou une chute
de la reproduction.
Par conséquent,
la sérologie est peu
utile dans le suivi épidémiologique des infections
par le PCV2, puisque cet organisme est ubiquiste et que la majorité des
porcs ont des anticorps, que ce soit d'origine maternelle ou acquis au cours
d'une infection néonatale.
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| Nodules
lymphatiques hypertrophiés |
Le diagnostic de laboratoire de la M.A.P. requiert des
tissus lymphoïdes, en particulier inguinaux, des ganglions lymphatiques
mésentériques ou iléo-cæcaux et trachéo-bronchiques
pour un examen histopathologique. Le poumon (tissu lymphoïde associé
aux bronches) et l'intestin grêle (plaques de Peyer, tissu lymphoïde
associé à l'intestin) sont aussi de très bons tissus pour
la mise en évidence histopathologique de la M.A.P.
Les altérations histologiques comportent une
déplétion
des lymphocytes, une i
nflammation granulomateuse
et quelques cas cas d'inclusions intra-cytoplasmiques dans les macrophages ou
la présence de cellules géantes polynuclées.
Une étude récente au cours de laquelle nous avons analysé
plusieurs centaines de ces ganglions lymphatiques de porcs, supposés
infectés par le PCV2 (il y avait des cas cliniques dans des élevages
infectés connus) montra, par histopathologie ou par immunohistochimie,
qu'il n'y a pas systématiquement ces deux types de lésions caractéristiques.
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| Centre
germinal d'un porc atteint de M.A.P positif en PCV2 en immunohistochimie. |
Le deuxième outil précieux pour le diagnostic des infections par
le PCV2 est la
mise en évidence de l'antigène
ou de l'acide nucléique dans les tissus par hybridation in-situ
(HIS), par immunohistochimie (IHC) ou par l'isolement direct du virus à
partir des tissus. A tous points de vue, l'utilisation de l'IHC est le mieux car
elle permet de faire la relation entre la pathologie révélée
par microscopie optique et la détection de l'antigène.
Dans les cas de S.D.N., le PCV2 peut être présent
ou pas. Chez ces animaux atteints postérieurement de S.D.N.,
il se peut que l'agent infectieux ait disparu; toujours est-il qu'il y a moins
de résultats positifs PCV2 par IHC, mais nous savons que la pathologie
est une réaction d'hypersensibilité de type 2 et qu'au Royaume-Uni
quelques souches électrophorétiques de
P. multocida sont
responsables au moins des formes sporadiques de S.D.N.
Une chute de la reproduction
peut être
associée à des infections par le PCV2 et on peut démontrer
la présence de l'agent infectieux dans le fœtus. L'infection intra-utérine
du fœtus produira une myocardite (un tissu en croissance active chez le fœtus
en phase finale).
La distinction entre la pneumonie induite par le PCV2 et celle observée
dans le CRP est seulement possible par IHC et histopathologie; jusqu'à
ce jour,
on n'a pas pu déterminer exactement quelle
est la contribution du PCV2 au CRP.
De la même façon, le diagnostic histologique de la pneumonie proliférative
nécrosante porcine peut être associé à un diagnostic
étiologique de SDRP ou d'Influenza ou de PCV2 ou d'une combinaison quelconque,
l'histopathologie et l'IHC séquentielle étant
les techniques apportant la meilleure information.
Le tremblement congénital original
de type AII décrit par Jack Done a été associé avec
une petite particule de virus qui est sans doute le PCV2, de taille équivalente,
mais, jusqu'à ce jour, seul Greg Stevenson chez Purdue a été
capable de démontrer un résultat positif pour l'acide nucléique
du PCV2 dans le tissu nerveux et dans le foie de porcs atteint de tremblement
congénital. les études menées dans d'autres laboratoires
n'ont pas encore pu reproduire ces découvertes.