Marché du porc : la baisse des prix gagne l’Europe

Marché du Porc Français
22-Sep-2026 (il y a 28 jours)

France

Marché porc français

Pour la première fois depuis le 2 février dernier, le prix observé au Marché du Porc Français recule. Après une période estivale marquée par de fortes hausses, le marché semble amorcer un réajustement, notamment sous la pression de la concurrence européenne, elle-même engagée dans un mouvement de baisse. Lors de la séance de vente de jeudi, malgré une forte résistance des vendeurs, les acheteurs ont finalement eu gain de cause avec un recul significatif du prix.

Uniporc

Le marché français se rééquilibre peu à peu. Les volumes d’abattage progressent et l’écart avec 2025 passe désormais sous les 15 000 porcs. La semaine dernière a donc été marquée par une plus grande disponibilité de porcs pour l’abattage. Les poids poursuivent également leur progression et se rapprochent progressivement de 96 kg. L’écart avec 2025 n’est désormais plus que de 440 grammes.

Union européenne

En Allemagne, la pression s’est brutalement accentuée, entraînant une baisse de 15 centimes du prix de référence, à 1,45 €/kg. L’offre progresse avec le retour de températures plus fraîches et les poids remontent. Les abattages atteignent 752 178 porcs, en hausse sur une semaine comme sur un an. Le commerce de la viande manque de dynamisme, avec une offre désormais abondante et peu d’opérations promotionnelles. Les disponibilités européennes à prix compétitifs accentuent encore la pression.

Le marché espagnol conserve une situation atypique, avec une offre toujours réduite et des poids environ 4 kg sous leur niveau de 2025. Leur remontée reste particulièrement lente, avec seulement 140 grammes gagnés la semaine passée. La demande des abattoirs reste soutenue, mais le contexte européen devient nettement moins favorable. Le marché de la viande stagne et les exportations restent sous pression. La cotation espagnole suit, dans une moindre mesure, le mouvement baissier européen.

En Belgique aussi la pression s’accentue également. L’offre progresse et, malgré des poids encore relativement faibles, la commercialisation devient plus difficile. Le marché de la viande manque lui aussi de fluidité, avec des baisses observées sur plusieurs pièces. Les volumes continuent néanmoins de s’écouler à tous les niveaux de la filière. Dans ce contexte, la Belgique peut difficilement s’écarter de la tendance baissière observée dans le nord de l’Europe.

En Italie, l’offre spécifique reste insuffisante face à la demande des abattoirs et continue de soutenir le prix. Les pièces progressent également, mais pas suffisamment pour compenser la hausse du vif. Une réduction des volumes d’abattage devient donc de plus en plus probable. À court terme, la tendance devrait rester positive tant que l’offre ne progressera pas sensiblement.

États-Unis et Chine

Le marché américain poursuit son recul, pénalisé par une nette baisse de la valeur des découpes. Malgré des abattages réduits par la Fête du Travail, l’offre reste soutenue par des poids de carcasse élevés. La demande intérieure montre parallèlement des signes de faiblesse, tandis que les exportations ralentissent. La rentabilité des élevages reste positive mais se dégrade sous l’effet du recul des revenus et de la hausse des coûts alimentaires.

Le marché chinois reste confronté à une demande peu dynamique malgré des prix faibles. La réduction du cheptel reproducteur et l’encadrement de l’engraissement devraient progressivement limiter l’offre. Ce recul de production ne devrait toutefois pas relancer les achats extérieurs compte tenu de la faiblesse de la consommation. Les importations pourraient ainsi chuter de 29 % en 2026, à leur plus bas niveau depuis 2014.