Un marché de la viande difficile partout en Europe

Marché du Porc Français
28-Jul-2026 (aujourd'hui)

France

Marché Porc Français : une progression de 2,2 centimes en huit jours

Depuis le début du mois de juin, le prix français a progressé de 10,7 centimes. Cette hausse s'est construite de manière irrégulière : sur les quinze séances de marché concernées, seules trois ont enregistré une progression supérieure à 2 centimes, les autres ne se limitant qu'à quelques millièmes. La semaine dernière confirme toutefois que le marché reste très sensible au manque d'offre de porcs. Malgré un marché de la viande difficile partout en Europe, qui réduit les marges de manœuvre des abattoirs, la concurrence pour l'achat des porcs demeure forte et se traduit par des positions haussières des acheteurs au Marché du Porc Français.

Uniporc : des volumes en baisse et des poids qui se stabilisent

Les volumes d'abattage enregistrés la semaine dernière retrouvent un niveau comparable à celui des semaines précédant le 14 juillet. Les poids affichent une légère hausse de 190 grammes. Pour autant, le déficit d'offre de porcs reste marqué : par rapport à la même semaine de l'an dernier, les abattages sont inférieurs de 7 500 porcs et les poids moyens accusent un écart de 1,390 kg.

Union européenne

En Allemagne, le marché apparaît désormais globalement équilibré. Les abattages retrouvent un niveau plus habituel, autour de 710 000 porcs, tandis que les poids restent stables. Les disponibilités sont légèrement plus limitées dans le sud du pays, mais l'ensemble du marché évolue sans excédent marqué. En revanche, le marché de la viande demeure sans véritable impulsion et devrait conduire à plusieurs semaines de stabilité des prix durant l'été.

En Espagne, la baisse des poids se poursuit à un rythme inédit, avec encore 1 kg perdu la semaine précédente, soit près de 8 kg en neuf semaines. Cette contraction exceptionnelle de l'offre limite la baisse du prix du porc, qui reste modérée malgré un marché de la viande toujours difficile. Les perspectives demeurent toutefois négatives pour la fin d'année, la FPA continuant de pénaliser les exportations vers plusieurs pays tiers, notamment le Japon.

Le marché belge reste stable, mais les poids atteignent leur plus bas niveau depuis 2022. Les inquiétudes portent désormais sur les conséquences des fortes chaleurs sur la fertilité, la mortalité et les disponibilités futures en porcelets, auxquelles s'ajoute la hausse attendue du coût de l'alimentation. A l’instar de l’Allemagne, la cotation belge est restée stable la semaine dernière.

Le marché italien poursuit son évolution à contre-courant du reste de l'Europe. Malgré une consommation modérée et une forte concurrence des viandes importées, les disponibilités restent insuffisantes pour couvrir les besoins des abattoirs, permettant une nouvelle hausse du prix. Un ralentissement est toutefois attendu au mois d'août avec les fermetures estivales de nombreux industriels.

États-Unis et Chine

Le marché américain retrouve de la fermeté après plusieurs semaines de stabilité. La hausse des prix est soutenue par une nette amélioration de la valorisation des découpes, portée principalement par le flanc et le jambon. Dans le même temps, les abattages reculent et atteignent leur plus faible niveau de l'année pour une semaine complète, traduisant une offre plus limitée. Malgré une concurrence toujours forte de la volaille, les perspectives restent favorables à l'approche du cœur de la période estivale.

Le marché porcin chinois entre progressivement dans une phase de transition. Les ajustements de l'offre commencent à produire leurs effets, avec des disponibilités moins abondantes et des producteurs plus prudents dans leurs mises en marché. En revanche, la consommation reste insuffisante pour soutenir une hausse durable des cours. Les analystes estiment désormais que l'évolution du marché dépendra davantage du rythme de contraction de l'offre que d'un véritable rebond de la demande.